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Reflet : Et si on ‘cassait’ la Cour de cassation ?
Après les chantiers de Thiès, la retraite forcée de ses barons, revoilà la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire sur la sellette du fait d'un de ses membres, présumée de tentative de corruption de ses collègues de l'étage inférieur. Si bien qu'il y a lieu de se demander si les ‘censeurs’ de l'ivraie ne méritent pas à leur tour les écuries ...de l' Atlantique.

On savait son crédit sérieusement entamé par les dégâts collatéraux de la guerre fratricide des libéraux dans le cadre de la fameuse affaire dite des chantiers de Thiès. L'attitude de ses récents dirigeants, peu orthodoxe avec les dispositions du statut spécial du corps de la magistrature sur la carrière et la retraite, n'était également pas pour honorer l'image et le crédit de ce sommet de la pyramide judiciaire. Avec la tentative avortée de corruption, c'est tout simplement l'estocade qui vient d'être portée à la crédibilité de la Cour de cassation. La gravité du scandale ne réside non pas tant dans l'acte qu'on sait ordinaire voire banal en lui-même, que le statut de ces protagonistes qui révèle la dimension intra muros du phénomène de la corruption en milieu judiciaire. L'opinion étant jusque-là habituée au scénario dans lequel l'agent corrupteur est un élément extérieur, un simple justiciable, un usager quelconque du service public de la justice. Cette fois en effet il ne s'agit plus d'une intrusion frauduleuse d'un parti au pouvoir fouinant dans les poubelles judiciaires de la République pour museler une opposition ou pour chercher une majorité confortable, ou d'un Exécutif détraqué par une guerre non-conventionnelle de succession de son chef, mais bien d'une turpitude propre et interne à un membre qui fait grincer la machine et dérange le système. Moralité : beaucoup d'interventions ou d'actes sont masqués sous le vocable pompeux de ‘services rendus entre collègues’, mais qui n'en sont véritablement pas, monnayés qu'ils ont été au préalable par l'intervenant à l'insu et sur le dos du ‘gentil et naïf serviteur’, confie une source. Qui plus est, le phénomène, jusque-là repéré ou circonscrit au niveau des juridictions inférieures ou de droit commun dont les dossiers recèlent plus d'enjeux, la traçabilité de la corruption intègre désormais, toutes proportions gardées la haute hiérarchie des barons de la cour de cassation chargée pourtant de redresser les torts des étages inférieurs que sont les juridictions d'instance et d'appel.

En se re-proplusant ainsi, de façon aussi brutale qu'inattendue au cœur d'un scandale, l'un des piliers de la République, érigé au rang constitutionnel de pouvoir public, prête dangereusement le flanc à ses requérants. Quel état d'esprit doit, maintenant, habiter les parties prenantes à un dossier pendant devant elle ? Quelle garantie peut-elle désormais offrir à un requérant ? Que vont penser les requérants des dossiers politiques pendants, quant à l'issue que les juges casseurs vont leurs réserver ?

Yankhoba Diattara lui ne se fait d'illusion, son avocat n'ose même pas encore élever son cas parce que tout simplement il redoute une déchéance de ses droits civiques en cette période d'inimitié politique, préférant attendre l'après-2007. plus sûr à ses yeux.

Pape Diouf lui a déjà tiré une cartouche en appel dès le lendemain de sa précipitation dans le puits de Bambey. Mais, osera-t-il en référer à la Cour de cassation comme dernier rempart au cas où son sort serait corsé en cette veille d'élections de toutes les incertitudes ?

Pour l'heure en tout cas, au lilliputien Bloc des madeleines, à présent réduit aux commentaires du scandale, les divers et nombreux points de vue ne s'accordent que sur une seule chose : l'avocate générale Aminata Mbaye doit, avec ‘ ses protégés ‘, récolter toute seule ce qu'elle a semé toute seule, pour ne pas nuire à la carrière de jeunes magistrats qui n'ont eu comme seul tort que de tomber sur ‘son dossier’ avant d'en référer à qui de droit.

Sans préjuger des résultats des conclusions de l'Inspection générale, il est sûr et certain que cette affaire va appeler les ‘écuries d'Atlantique’ pour la Cour de cassation qui à son tour risque la cassation. Sous la forme d'un autre conseil supérieur de la magistrature ou d'une consultation à domicile entre ses membres au cas où ils n'arriveraient pas à se réunir.

Mbaye SAMB

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