Ramification de l'affaire Elf : Un français épinglé par la justice sénégalaise... Depuis le 29 juin dernier, Eric Sterlen, ressortissant français et protagoniste de l'affaire Elf, a été arrêté au Sénégal et mis sous les verrous. Mais, les obstacles de procédure auxquels se heurte son extradition poussent ses conseils à mettre la pression sur une justice sénégalaise qui tarde à statuer.
Même en terre étrangère, l'affaire Elf, du nom de ce scandale politico-affairiste et mafieux qui, à partir de 1998, a éclaboussé la France, conserve ses contours de grande nébuleuse. En atteste le pan dont le Sénégal est présentement héritier à travers la personne d'Eric Strelen autour de qui il y a beaucoup d'agitations, d'intrigues et de connexions qui risquent de déborder le lilliputien prétoire du Bloc des Madeleines pour obéir à des logiques et contingences propres aux chancelleries-protagonistes.
Coulant un bon bout de temps de paisibles jours au Sénégal, Eric Sterlen, cet ancien pensionnaire des réseaux politico-mafieux du mercenaire français Bob Denard, vient en effet d'être rattrapé au Sénégal par son passé. En exécution d'un mandat d'arrêt international lancé contre lui depuis 2004 par Interpol, les autorités judiciaires sénégalaises gardent actuellement bien au frais ce professionnel de la Haute Sécurité qui aurait dans son état de services plusieurs missions spéciales, genre transferts de fonds, exfiltrations de personnes, etc. Une détention qui intervient après un bref interrogatoire au parquet général près la Cour d'appel de Dakar qui l'a prévenu de son inculpation par le juge français pour complicité d'abus de biens sociaux le 3 juillet dernier, à l'instar, du reste, de beaucoup de personnalités politiques françaises impliquées à l'époque dans le célèbre scandale de l'Hexagone.
L'homme est tellement rompu au maniement des règles de la ‘High Sécurité’ qu'il était au service du manitou transnational qu'est Jean Claude Mimran, la compagnie sucrière sénégalaise à Richard-Toll où Sterlen a d'ailleurs été cueilli dans des conditions rocambolesques aux forts relents de livraison de l'oiseau par ses rivaux qui sont pointés du doigt. Eric Sterlen a-t-il, pour autant, été dénoncé par ses concurrents ? La question est d'autant plus pertinente que c'est à ces deux agences sénégalaises que ‘le crime semble profiter’, pour paraphraser une interrogation d'usage en matière d'enquête.
Si les dirigeants des ex-officiers de l'armée qui savaient Sterlen recherché par Interpol, sont mis à l'index dans l'interpellation de ce maillon important dans la galaxie Mimran, c'est qu'en effet Eric Sterlen qui, au début, travaillait comme simple employé de Jean Claude, avait non seulement fini par s'imposer, mais avait également réussi à les chasser de cette terre sucrée du nord. Séduits par les talents de l'élève de Bob Denard, les dirigeants de la Css avaient fini par lui proposer de créer sa propre structure. Laquelle précipitera la rupture des contrats des premiers prestataires avant que le marché sucré de Mimran tombe dans son escarcelle, mais dont il n'aura guère le temps de la jouissance du fait de sa brutale arrestation. Une arrestation dont ses co-pensionnaires de Rebeuss risquent de faire les frais, si jamais l'ancien ‘mercenaire’ pète les plombs sur provocations d'autres caïds. Une raison parmi d'autres d'ordre juridique dans l'âpre bataille que mènent ses avocats pour lui décocher la liberté, la France étant donnée forclose dans sa demande d'extradition.
...ses avocats pressent la justice. :
Le rôle de la chambre d'accusation de la Cour d'appel risque de crouler sous le poids des multiples requêtes aux fins de mise en liberté qui s'enchaînent depuis 72 heures au moins, sous la houlette des nombreux conseils de l'inculpé français, la dernière datant d'hier seulement. Si c'est le branle-bas de combat chez les avocats de Sterlen c'est que les robes noires redoutent que leur client soit extradé arbitrairement, ayant abouti à la conclusion que l'Etat français est de toute façon déchue de son droit quoiqu'étant lié au Sénégal part une convention d'extradition. Entre le 29 juin, date de l'arrestation du sujet français et maintenant, les conseils martèlent à qui veut les entendre que le délai de 20 jours pour formaliser une telle demande est totalement épuisé. Et de marquer alors leur étonnement face au peu d'empressement du parquet général quant à la saisine de la chambre d'accusation pour statuer sur le sort de leur client. Ils n'excluent même pas de saisir la tutelle sur ce qui à leur yeux relèvent d'‘un grave dysfonctionnement de la justice’. Déjà que la procédure n'était, au début, pas exempte de tout reproche avant sa régularisation le 3 juillet lors de l'audition du mis en cause par le parquet.
En fait certaines indiscrétion voient dans cette sorte de ‘louvoiement’ du juge une volonté du Sénégal de ne pas frustrer l'ancien colonisateur en le mettant devant le fait accompli. On guette le moindre signe de la France pour voir dans quelle direction aller. En attendant la Css, sur le qui-vive, a, elle aussi, commis un conseil particulièrement attentif à l'évolution du dossier, ‘pour parer à toute mauvaise surprise’.
Mb. SAMB
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