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Bamba Ndiaye nommé ministre chargé des affaires religieuses : Les arabisants s’invitent au Conseil des ministres
Avec la nomination de l’arabisant Mamadou Bamba Ndiaye au poste de ministre conseiller à la présidence de la République, avec la précision qu’il siégera au Conseil des ministres, c’est la première fois qu’un produit de l’Ecole arabe accède à cette instance de décision de l’Etat.

‘Monsieur Mamadou Bamba Ndiaye, journaliste, titulaire d’un certificat de maîtrise en civilisation musulmane, est nommé ministre conseiller auprès du président de la République, chargé de la Communication des relations avec la Presse, des Affaires religieuses et porte-parole de la Présidence’. C’est ce que dit l’article premier de l’arrêté diffusé hier et signé par le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, portant nomination d’un ministre conseiller à la présidence de la République. Et le deuxième article du même arrêté précise : ‘A ce titre, Monsieur Mamadou Bamba Ndiaye assiste aux réunions du conseil des ministres’. C’est avec cette précision que la nomination de ce ‘pur produit de l’école arabe’, apporte une nouvelle donne dans la prise en compte des compétences arabes dans la gestion du pays, souligne un des condisciples du nouveau porte-parole de la Présidence, Sidy Lamine Niasse. Titulaire d’’une maîtrise en islamologie’ à l’Université de Dakar, Mamadou Bamba Ndiaye, directeur de publication du quotidien Le Messager, fait remarquer qu’il n’est pas en ‘terrain inconnu’ (voir par ailleurs).

Cette décision du président Wade marque ‘le début de quelque chose’, soutient Oustaz Sidy Lamine Niasse, car c’est la première fois qu’un arabisant se voit ouvrir les portes de la salle du Conseil des ministres en sa qualité de ministre conseiller auprès du président de la République. Et même si on interroge l’histoire avec notamment Cheikh Tahirou Doucouré, le premier arabisant conseiller du président Senghor, jamais un arabisant n’avait siégé au Conseil des ministres, argumente notre interlocuteur. Des conseillers du président de la République, sortis de l’école arabe, il y en a eu certes avec, entre autres, Ahmed Khalifa Niasse et Mamoune Niasse, mais le poste le plus élevé jusque-là que l’Autorité a eu à confier à un arabisant est celui d’ambassadeur. C’est le cas des guides El Hadj Malick Sy de Saint-Louis, Cheikh Ahmed Tidiane Sy, père de Moustapha Sy, le responsible moral du mouvement des Moustarchidines, Moustapha Cissé, Abdou Lahad Mbacké, etc.

En outre, avec la nomination de Mamadou Bamba Ndiaye comme chargé des Affaires religieuses, Oustaz Sidy Lamine Niasse parle de sanction positive du combat d’un militant de l’Islam, d’un ‘arabisant engagé’. Des moments forts du combat mené avec Bamba Ndiaye dans les années 60, Sidy Lamine Niasse choisit la création en 1968 du journal d’école Pensée de l’étudiant, écrit en arabe et soutenu à l’époque par certaines ambassades de pays arabes accrédités au Sénégal. Mais la ligne éditoriale du canard et les contenus de certains articles, dont celui sur ‘Le soleil de la liberté’, jugés ‘trop critiques et à connotation politique’ amèneront des soutiens, comme l’Egypte, à rejeter la Pensée de l’étudiant. Ainsi, les porteurs du projet vont se tourner vers le centre Lebret, le fief de l’Eglise, pour pouvoir y démultiplier des exemplaires du journal qui servait aussi de vitrine aux populations sur l’actualité du pays. Mais au-delà, le cheminement avec les responsables de l’Eglise devait aussi permettre de créer un cadre d’échanges pour ‘donner une lecture moins occidentale de l’Islam et amorcer le dialogue islamo-chrétien’.

GESTION DE L’ETAT, VALORISATION DES RESSOURCES HUMAINES, ETC. : Ce que l’Ecole arabe attend du ministre Bamba

Son nom reste lié à la lutte des diplômés de l’Ecole arabe pour l’affirmation de certaines valeurs religieuses. Mamadou Bamba Ndiaye, qui est aussi un des fondateurs de la mouvance Ibadou Rahmane, aura marqué son passage au secours islamique, avant son séjour estudiantin au Maroc. C’est pourquoi, aujourd’hui, son condisciple Oustaz Sidy Lamine Niasse croit que les arabisants ont le droit d’attendre que les choses bougent en leur faveur, notamment leur implication dans la gestion de l’Etat.

Selon lui, les compétences que l’on recense chez les sortants de l’école française se retrouvent également du côté des arabisants. Et ce, dans tous les domaines de la vie sociale. Il y a des médecins, des spécialistes du droit, de l’économie, entre autres, qui sont parmi les arabisants, mais ces derniers finissent souvent par arborer le manteau de marabout. Et pour cause, ils ne se sentent pas suffisamment mis à contribution par l’Etat.

Mbagnick NGOM

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