• Groupe Walf Fadjri
 • Service Abonné
 • Radio Walf
 • Newsletter
  Visiteurs connectés   1   -
 Recherche | Archives
  Actualites [ Audition de Latif Coulibaly par un jury populaire : Les avocats de Thierno Ousmane Sy dénoncent une offense à la magistrature     -       ]
  Poster une Contribution   |   Contactez-nous
 Actualités
 Politique
 Economie
 Société
 Culture
 International
 Sports
 Contributions
 
Services
  > Publicité
  > Revendeur
  > Mailing liste
Entretien
Dossiers
Forum
Média Voce
Analyses
  + Rubrique Actualités
Pour avoir oté la vie à son frangin : Bernard Niass échappe à la perpétuité et prend trois ans d’emprisonnement
C’est partant de la violence des coups mais aussi des parties visées par le mis en cause comme la tête et le cou, édifiant ainsi sur sa volonté de donner la mort, que l’avocat général avait requis la perpétuité contre Bernard Niass.

(Correspondance) - Attrait hier devant la barre de la cour d’assises de Thiès pour répondre du délit de meurtre sur la personne de son jeune frère, Bernard Niass a échappé à la peine à perpétuité comme requis par l’avocat général.

Bernard Niass, cultivateur de son état demeurant au village de Guérine dans le département de Mbour était en effet accusé d’avoir, suite à une bagarre, tué à coups de coupe-coupe son jeune frère Paul Niass. Les faits remontent au 17 Janvier 2007 quand les éléments de la gendarmerie de Joal ont été informés d’un meurtre qui venait d’être perpétré dans le village de Guérine. Sur les lieux, les gendarmes découvriront le corps sans vie de la victime Paul Niass dans un champ de mil situé non loin de la maison, avec des plaies ouvertes sur le corps et l’amputation du pied gauche.

Les témoins trouvés sur place à l’instar de la sœur des deux belligérants, Elisabeth Niass, feront savoir que la mort de Paul fait suite à une bagarre l’ayant opposé à son frère Bernard Niass. En effet, disent les témoins, la bagarre a éclaté quand, se voyant interdit d’utiliser le cheval pour le déplacement nocturne qu’il envisageait, Paul Niass a vu rouge et a commencé à abreuver son grand frère d’injures. Ce dernier s’étant retiré dans sa chambre, la victime l’y trouvera après avoir défoncé la porte pour ensuite lui asséner un violent coup de coupe-coupe sur la figure lui occasionnant une blessure profonde.

Toujours sous le coup de la colère, il donnera un autre coup à sa sœur Elisabeth au niveau du pied gauche avant de prendre la fuite. Sous la douleur, Bernard s’empara à son tour de son coupe-coupe pour poursuivre son frangin. C’est ainsi qu’au niveau du champ, non loin de la maison, qu’il le rattrapera pour lui asséner à son tour plusieurs coups qui occasionneront sa mort. Ces témoignages seront soutenus aussi bien par leur mère Bigué Diop que par l’épouse de l’accusé, Mame Diarra Bousso Diop. Interpellé par les gendarmes enquêteurs, le mis en cause abondera dans le même sens que les témoins, avec à l’appui la plaie occasionnée par le coup qu’il avait reçu de son défunt frère en plus d’un certificat médical faisant état de 30 jours d’incapacité.

Devant la cour aussi bien l’accusé que les témoins n’ont varié dans leurs déclarations et la balafre barrant le visage de Bernard témoignait éloquemment de sa blessure. A ces déclarations s’ajouteront celle de son frère cadet. Ce dernier dit que quand il les avait trouvés sur les lieux de la bagarre, il les croyait tous morts. Et c’est quand il s’est approché qu’il a vu que Bernard respirait. Aussi, l’a-t-il porté sur son épaule pour le ramener à la maison avant qu’il ne soit évacué vers l’hôpital.

Tous ces témoignages, en plus de celui du chef de village qui décrit la victime comme ‘une personne belliqueuse et provocatrice’, n’entameront en rien la conviction de l’avocat général. Ce dernier, requérant à charge, demandera à la cour de lui appliquer une peine à perpétuité du fait non seulement de la gravité de l’acte mais aussi parce que la violence des coups, l’acharnement sur la victime après qu’elle soit tombée à terre, les parties visées par le mis en cause comme la tête et le cou sont assez édifiants sur la volonté de donner la mort.

La défense assurée par Me Ayi se portera quant à elle en faux contre le réquisitoire de l’avocat général. Pour elle, rien dans le dossier ne peut expliquer une peine aussi lourde. Car il serait faux de penser à une intention de donner la mort. La défense estime que son client n’a agi que sur le feu de l’action, aveuglé par la douleur occasionnée par sa blessure. De même il fera savoir que l’homme le plus calme du monde réagirait face à pareille situation. Par conséquent et ne plaidant pas la légitime défense, il en appellera à une requalification des faits en coups et blessures ayant entraîné la mort sans avoir l’intention de la donner, mais aussi à des circonstances atténuantes. Car il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’au moment des faits les facultés de discernement de son client étaient complètement altérées par la colère et la douleur qui étaient les siennes.

La cour après avoir délibéré décidera d’une peine de trois ans d’emprisonnement ferme. Une peine qui sauve ainsi Bernard Niass de la prison à perpétuité mais le rend libre puisqu’il a déjà purgé sa peine durant la période de détention préventive. Bernard a été, en effet, placé sous mandat de dépôt depuis le 17 janvier 2007.

Sidy DIENG

  + L'info en continu






Copyright Sonatel Mutlimedia ©: Sentoo