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Que Dieu bénisse Obama, l’Amérique et le monde !


L’élection d’un Noir à la tête des Etats-Unis, le pays le ‘plus puissant du monde’, moins de deux siècles après l’abolition de l’esclavage, constitue une véritable surprise pour tous, et même pour les observateurs les plus avertis. A l’évidence, il s’agit là d’un évènement exceptionnel, d’une véritable révolution qui signe très certainement un changement de paradigme de l’univers qui nécessitera des réformes et des adaptations dans tous les secteurs. Oui, rien ne devrait plus être comme avant !

Après le bilan catastrophique de son belliqueux prédécesseur, les Américains et le monde ne pouvaient qu’applaudir à l’avènement de B. Obama, connu pour sa modération, sa volonté de changer de politique intérieure et extérieure et de s’adapter aux nouvelles réalités du monde, afin de relever les gigantesques défis de l’heure (récession économique sans précédent, crise sociale multiforme, Irak, Afghanistan, problème israélo-palestinien, etc.).

Ainsi, ce que le monde attend d’Obama, ce n’est ni la puissance militaire, ni la puissance économique ; il attend surtout des Etats-Unis, moins d’arrogance et donc une plus grande écoute en vue d’une gestion multilatérale de tous les problèmes qui préoccupent la communauté internationale. Et pour cela, il est important de relativiser la notion d’hyper puissance et de bannir celle de ‘gendarme du monde’. L’Amérique doit donc forcément faire son introspection et se convaincre de son impuissance à diriger, seule, un monde qui a fondamentalement changé et qui est devenu de plus en plus multipolaire et interdépendant.

En effet, après les attentats du 11 septembre 2001 que tous les gens épris de paix et de justice - toutes confessions confondues - ont vivement déplorés, la très grave crise financière et la récession qui frappent les Etats-Unis viennent de dévoiler plus manifestement la chute d’une ‘super puissance’ qui avait commencé depuis le déclin de son rival. En effet, toutes les politiques des Etats-Unis, basées sur l’antagonisme avec le bloc soviétique, étaient devenues caduques, faute de cible. Ainsi, l’Amérique qui s’était autoproclamée le ‘gendarme du monde’ n’était plus, en vérité, qu’un géant aux pieds d’argile. En réalité, c’est la dislocation ‘éclatante’ et ‘miraculeuse’ de l’Urss - l’un des symboles les plus achevés du matérialisme - qui cachait l’implosion des Usa. Et c’est la conjonction de ces deux faits qui a entraîné, tout aussi miraculeusement, la fin de la guerre froide et l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui se précise de jour en jour et qui ne cesse d’étonner même les observateurs les plus perspicaces.

En vérité, les Usa, dont on vantait la puissance de son économie, n’étaient pas aussi performants. Ses faiblesses structurelles (surendettement, très forte emprise de la finance au détriment de l’économie réelle) étaient masquées par un ‘pseudo miracle économique’, une bulle qui devait évoluer inexorablement vers la récession. Et selon certains observateurs, la récente guerre d’Irak ne répondait qu’à une logique économique pour contrôler le pétrole et revitaliser les entreprises américaines mal en point par de juteux contrats de reconstruction. Cynique !

Le déclin des Etats-Unis était prévisible ; il suffisait d’analyser la société américaine et sa politique étrangère pour aboutir à ce constat. En effet, la situation intérieure des Etats-Unis est marquée par l’insécurité, la violence sous toutes ses formes, les meurtres, la drogue, la spéculation financière, les perversions sexuelles (homosexualité, pédophilie). Sans vouloir diaboliser les Usa, il apparaît à l’évidence qu’ils sont l’exemple type de pays mal développé, quoique industrialisé à l’extrême, du fait de la non prise en compte de la dimension humaine dans ses politiques de développement. Le pseudo puritanisme des Américains cache, en réalité, une certaine incrédulité. Oui, on ne peut pas servir en même temps Dieu et l’argent ! (Luc 16 : 13) Quant à la politique étrangère des Etats-Unis, elle n’est sous-tendue jusque-là que par des intérêts stratégiques, une volonté d’hégémonie dans tous les domaines, pour contrôler tout, tant au plan économique, politique, culturel que scientifique et même religieux, et dicter ainsi ses points de vue à toute l’humanité. Bref, un impérialisme tous azimuts !

Les Usa qui se sont autoproclamés les gendarmes du monde sont prêts à faire respecter à tous les résolutions du Conseil de sécurité, tant qu’il ne s’agit pas d’eux ou d’Israël ; c’est ceci qui nous a valu une deuxième guerre en Irak et constitue le principal obstacle à la résolution du problème israélo-palestinien. Une iniquité manifeste ! Un droit international à deux vitesses ! Inacceptable ! Ainsi, le ‘justicier’ autoproclamé du monde, avec sa conception peu orthodoxe de la justice et de l’équité, n’a pas fait que des heureux dans sa ‘mission’. C’est, à l’évidence, cette politique étrangère des Etats-Unis décriée par tous, qui a augmenté le sentiment anti-américain, même au-delà de leurs zones d’intervention. Ceci constitue, sans nul doute, le ferment, le combustible et le terreau du terrorisme. Ainsi, toute forme de lutte non basée sur la justice et la modération ne fera qu’augmenter cette américanophobie et engendrer de nouvelles générations de terroristes. Nous ne cautionnons rien ! Ce qui vient de se passer à Gaza - une véritable tragédie, un véritable carnage (plus de 1000 morts en 3 semaines) - nous donne malheureusement raison. En vérité, Israël ne voulait que sa deuxième ‘guerre préventive’, à l’instar de son mentor - les Etats-Unis (en Irak) - et le Hamas lui en a donné le prétexte en lui balançant quelques roquettes. Dérisoire ! Oui, Israël ne voulait que sa deuxième ‘guerre préventive’, après celle qu’il avait perdue au Liban, et il l’a eue - avec la bénédiction de son protecteur éternel. Et la passivité de la communauté internationale et ses difficultés à établir une résolution en vue d’un cessez-le feu immédiat, ne tiennent qu’au soutien inconditionnel des Usa à Israël (pour des raisons irrationnelles).

En dépit de tout cela, nous persistons à croire à l’importance, voire au rôle incontournable du Conseil de sécurité dans la résolution des conflits, mais aussi à la nécessité de faire respecter toutes ses résolutions, à tous. C’est dire que l’Onu doit se démocratiser pour éviter un droit international à deux vitesses. Elle devra remettre en question le droit de veto, s’atteler à dénoncer toutes les injustices, les condamner et produire des résolutions d’une équité indiscutable, mais surtout à les faire respecter par tous les moyens nécessaires et suffisants ; ainsi, il ne sera point besoin d’utiliser la force comme méthode, tel que les Etats-Unis veulent nous la faire admettre, et qui n’a jusque-là réglé aucun problème de manière satisfaisante (Somalie, Afghanistan, Irak). Mais tant que les Etats-Unis et l’Europe ne seront pas neutres (impartiaux) et n’auront pas la volonté de démocratiser le Conseil de sécurité, le problème israélo-palestinien ne sera jamais réglé, de façon satisfaisante. Il est grand temps de le gérer autrement et de tourner cette douloureuse page. Et dans cette perspective de rupture, beaucoup d’hommes et de femmes épris de paix et de justice comptent sur la génération Sarkozy - Obama pour réformer le Conseil de sécurité et mettre fin définitivement à cette catastrophe. Oui, ‘à chaque génération, sa mission ; la servir ou la trahir !’ (F. Fanon).

Pour nous musulmans, nous sommes très enthousiastes de l’avènement d’Obama dont nous saluons la générosité, la sagesse, le sens des responsabilités et son attachement indéfectible aux idéaux des Droits de l’homme. Ainsi, l’Islam qui est une religion de paix par essence et par excellence et qui - à l’instar de toutes les religions - a ‘vocation de pacifier le monde’, ne peut pas trouver un meilleur allié et réaffirme solennellement et avec force qu’il ne peut pas être du côté des terroristes et autres extrémistes. Et donc que Dieu bénisse Obama, l’Amérique et le monde !

Docteur Mouhamadou Bamba NDIAYE Ancien Interne des hôpitaux de Dakar Pédiatre à Thiès Recteur de l’Université virtuelle ‘La Sagesse’ de la Fondation Serigne Babacar SY Ihsaan - Bienfaisance (Thiès).

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