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Et si comme Galilée, le président Wade avait raison ?


Le Monument de la renaissance africaine qui sera inauguré le 3 Aavril prochain, n’est ni plus, ni moins qu’une simple œuvre d’art. Une œuvre d’art certes majeure, car le monument symbolise, à la fois, la résistance des peuples africains face à la colonisation et aux impérialismes de tous bords et la résurrection de ces mêmes peuples face à un Occident de plus en plus conquérant. Voilà, en très peu de mots, l’histoire et la philosophie du Monument érigé par le président Wade sur la partie la plus occidentale du continent. Tout un symbole.

Cependant, le Monument de la renaissance africaine a été au centre d’une incroyable polémique, plus politicienne que cultuelle ou économique. Une controverse qui a mis face à face les partisans d’un Sénégal encore empêtré dans des considérations où le prétendu religieux, les préoccupations alimentaires sont instrumentalisés pour flatter les passions populaires, et ceux d’un Sénégal conscient des exigences d’un monde moderne ouvert aux idées innovantes.

Le président Abdoulaye Wade, qu’un hebdomadaire africain, paraissant en Europe, épingle comme étant l’homme qui dispose d’un important ‘stock d’idées inattendues’, est seulement un visionnaire, conscient des faiblesses et des forces de son continent confronté aux impératifs d’une mondialisation féroce qui fixe ses propres règles du jeu. En érigeant le Monument de la renaissance africaine, au nom de toute l’Afrique, qui sera inauguré à l’occasion du 50e anniversaire de l’accession de la plupart des pays africains à la souveraineté internationale, le président Wade a voulu faire comme la France, en 1886, qui a offert la statue du sculpteur Frédéric A. Bartholdi à l’Amérique pour le centenaire de son indépendance, sous le thème : ’La Liberté éclairant le monde’.

Auparavant, en 1884, l’Etat français avait entrepris la réalisation d’un édifice métallique totalement novateur pour l’exposition universelle de Paris en 1889, célébrant le centenaire de la Révolution française. Ledit projet, considéré comme extravagant, fut l’objet de nombreuses critiques. Aujourd’hui mondialement connu, la Tour Eiffel est l’édifice emblématique de Paris. D’une hauteur initiale de 312m, ‘la dame de fer’ reçoit chaque année quelque 6 millions de visiteurs. Si à travers la statue de la liberté, ses concepteurs ont voulu magnifier les vertus de la liberté, à travers la Tour Eiffel, la France, par le truchement de l’exposition universelle de Paris, avait voulu signer son entrée dans le monde moderne.

Quid du Monument de la renaissance africaine ? Son concepteur, l’homme aux ‘idées inattendues’, Abdoulaye Wade, annonce le Réveil de l’Afrique et son ancrage dans le troisième millénaire par l’érection d’une œuvre d’art aux dimensions universelles, qui défie le temps et les intempéries.

A travers les siècles, des idées considérées comme ‘folles, saugrenues ou inopportunes’, font aujourd’hui la fierté des nouvelles générations qui en engrangent de substantiels dividendes. Hormis leur caractère esthétique, symbolique ou scientifique. A l’image du Phare d’Alexandrie en Egypte, des jardins suspendus de Babylone, le Monument de Ouakam donne du relief aux masques, aux sculptures et poteries des Dogon du Mali, des Yoruba du Nigeria, des Fon du Bénin, des Baoulé de Côte d’Ivoire, des Mossi du Burkina, des Bassari du Sénégal Oriental et des Diola de la basse Casamance.

Yakhya KANE Journaliste, Ecrivain

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