• Groupe Walf Fadjri
 • Service Abonné
 • Radio Walf
 • Newsletter
  Visiteurs connectés   1   -
 Recherche | Archives
  Actualites [ Pour ses dérapages verbaux répétés : Le limogeage de Bécaye Diop réclamé par les femmes de Bennoo     -     Lutte contre l’excision : Le Sénégal cité en exemple par les Nations unies     -     14 cas de grippe A H1N1 confirmés : Sept cas à Pikine, un à Touba et six à Diourbel     -       ]
  Poster une Contribution   |   Contactez-nous
 Actualités
 Politique
 Economie
 Société
 Culture
 International
 Sports
 Contributions
 
Services
  > Publicité
  > Revendeur
  > Mailing liste
Entretien
Dossiers
Forum
Média Voce
Analyses
  + Rubrique Culture
Theâtre : Jacqueline Scott LEMOINE : La "Reine mère" tire sa révérence
La grande comédienne Jacqueline Scott Lemoine quitte la scène. A quatre-vingt et un an, cette grande actrice du théâtre n'entend plus s'inviter sur les planches, parce qu'elle juge «avoir accompli sa mission».

Sa prestation vendredi dernier 29 juillet, dans le rôle de La Reine mère dans la pièce l'Exil d'Alboury, marque une de ses dernières apparitions sur les planches. Jacqueline Scott Lemoine, Haïtienne de naissance et Sénégalaise d'adoption tire pour ainsi dire sa révérence. «Il le faut bien, on ne peut pas être là tous les jours jusqu'à la fin. J'ai droit au repos maintenant», lance l'actrice, âgée aujourd'hui de quatre-vingt et un an. Jacqueline Scott Lemoine, qui a marqué les grands rendez-vous de Sorano pendant plus d'une quarantaine d'années, a foulé le sol sénégalais pour la première fois lors du Festival mondial des arts nègres (Fesman) en 1966. La République d'Haïti devait à l'époque représenter La Tragédie du roi Christophe. Une représentation qui avait permis à Jacqueline Scott Lemoine de jouer avec le grand comédien Douta Seck. Depuis lors, la comédienne a choisi de rester au Sénégal, «une terre de culture».

Lors du quarantième anniversaire du Théâtre national Daniel Sorano célébré du 26 au 29 juillet 2005, une des grandes dames du théâtre sénégalais est (après de longues années d'absence) remontée sur la scène pour dire au revoir. Expliquant sa décision de vouloir tourner la page, Jacqueline Scott Lemoine lance «je ne jouerai plus une pièce avec tout ce que cela a comme émotion. J'en peux plus». «Avec le peu qu'il me reste à vivre, poursuit-elle, je ne peux plus me permettre de perdre six mois ou sept mois pour les besoins d'une répétition (...)». Cependant promet la "Reine mère", «je lirais des poèmes car j'aime la poésie». Ce «dernier» retour sur scène, Jacqueline Scott Lemoine l'a vécu comme à ses débuts. Car, révèle la comédienne, «c'est le même bonheur que j'ai eu toute ma vie à jouer sur scène. Là, je suis malade, j'ai des douleurs qui me tenaillent et je souffre beaucoup. Mais j'avoue qu'à partir du moment où je pose les pieds sur la scène, je ne ressens plus rien. C'est comme si on avait soufflé sur le mal et j'ai marché sur le plateau comme si je n'avais rien». Le sentiment d'émotion qui l'anime exige d'elle qu'elle se contrôle souvent. Aujourd'hui, reconnaît Jacqueline Scott Lemoine, «cette espèce de ballet entre le contrôle de soi et de l'esprit m'a épuisée et m'a complètement vidée».

Jeudi dernier, lors de la représentation de la pièce l'Exil d'Alboury, il a suffi à Jacqueline Scott Lemoine une seule lecture de son texte pour qu'elle se souvienne de intégralité du texte. Et le charme dans ses répliques avec les jeunes comédiens est de bien s'adapter à leur jeu, leur présence... Même si elle reconnaît que «ce n'était pas toujours très facile». Sa prestation a tout aussi séduit l'auteur de la pièce, Cheik Ndao qui lui a décerné un satisfecit.

A l'endroit des jeunes, la grande dame du théâtre souligne qu'ils ont un long chemin à faire. «Je leur dis toujours toute votre vie durant, vous devrez travailler. Le théâtre est un métier qui exige que l'on travaille toute sa vie jusqu'à la fin. S'ils sont prêts pour cela, ils feront de bons comédiens», argumente-t-elle. A son avis, ce que les étudiants apprennent au Conservatoire signifie peu à côté de ce que la vie nous apprend jour après jour. Et «ce que la vie nous apprend, soutient-elle, nous le reproduisons chaque jour sur scène»

Des pièces qui ont marqué Jacqueline Scott Lemoine, on note entre autres, l'Exil d'Alboury, La Tragédie du roi Christophe ou Général Manuello. «Chaque pièce que je joue m'apporte sa part de rêve et je ne peux pas choisir celle-ci ou celle-là. A chaque fois que je joue une pièce c'est comme si je redémarrais à zéro jusqu'à la fin...», note-t-elle.

Fatou K. SENE

  + L'info en continu






Copyright Sonatel Mutlimedia ©: Sentoo