Education citoyenne :
Le Gabon s'inspire de la pensée senghorienne A l'occasion de la célébration du centenaire du poète et homme d'Etat sénégalais, Léopold Sédar Senghor, sa vie et son œuvre ont été au centre des tables rondes et concertations organisées les 21 et 22 février 2006 dans les lycées de Franceville, Moanda et Okondja du Gabon. Ces échanges ont eu lieu conjointement avec les «Journées Léopold Sédar Senghor», organisées à Koulamoutou, (sud-est du Gabon) et qui ont pris fin le 23 février dernier.
«Senghor et l'éducation citoyenne», c'est autour de ce thème que les participants ont échangé dans le cadre des tables rondes et concertations organisées au profit des lycéens gabonais pour marquer l'Année Senghor, célébrée en 2006. «Le but de notre mission dans le Haut - Ogooué est de rappeler à la jeunesse altogovéenne la personnalité de Senghor», explique la conseillère au ministère gabonais des Affaires étrangères et de la Francophonie, Mme Joséphine Patricia Ntsame Eya. Aussi, ajoute-t-elle, «à travers les débats que nous allons mener avec eux, il s'agira de les persuader à faire un retour aux valeurs culturelles sûres».
Directeur général de la Francophonie audit ministère, Mouity Nzamba a décerné une palme d'or aux élèves de Koulamoutou pour la discipline et l'engouement manifesté pendant la célébration. Selon lui, les élèves des lycées et collèges de Koulamoutou, ont été suffisamment édifiés sur la vie et l'œuvre de Senghor, écrivain et poète sénégalais ayant marqué l'histoire contemporaine, à travers les exposés et conférences-débats.«Le Gabon ne fait pas dans le mimétisme, mais il est une des forces motrices de la Francophonie. Le pays se sent impliqué dans tout ce qui se fait au sein de cette institution», déclare Mouity Nzamba.
Pendant ces deux jours d'échanges, élèves et enseignants ont débattu sur divers thèmes liés à la vie de l'écrivain, notamment sa biobibliographie, sa vision de la citoyenneté, de l'éducation, etc. L'objectif de ces journées, dédiées à l'illustre homme d'Etat et des Lettres, est de ramener les jeunes vers les valeurs culturelles, en se référant à Léopold Sédar Senghor, auteur d'une vingtaine d'ouvrages.
«Père de la négritude», défenseur des valeurs socioculturelles africaines, Léopold Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal, petite ville côtière, située à l'Ouest du Sénégal. De son vivant, Senghor a écrit plusieurs œuvres, dont Chants d'ombre (poésie), paru aux Editions Le Seuil à Paris en 1945. Il y a également des essais avec notamment Liberté 1 : Négritude et humanisme (1964), Liberté 2 : Nation et voie africaine du socialisme (1971) et Liberté 3 : Négritude et civilisation de l'universel (1977). Ces différentes publications sont également parues aux Editions Le Seuil à Paris.
Président du Sénégal pendant de 1960 à 1980, Senghor quitte volontairement ce poste au profit d'Abdou Diouf, actuel Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, pour se consacrer à l'écriture. Il meurt le 20 décembre 2001, à l'âge vénérable de 95 ans. C'est en 2004, lors du sommet des chefs d'Etat à Ouagadougou (Burkina Faso) qu'une décision a été prise de célébrer dans tous les pays africains francophones le centenaire de la naissance et la mort de l'un des initiateurs de la Francophonie.
Donald NDEBEKA
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