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Cinéma
Life, above all : Un secret pour les enfants du sida

Présentée dans la section ‘Un certain regard’ au festival de Cannes Life, above all, une fiction d’Olivier Schmitz, remue le couteau dans la plaie en abordant la question du sida en Afrique du Sud.

Life, above all (Le Secret de Chanda), le long métrage du sud-africain Oliver Schmitz qui concourt dans la catégorie ‘Un Certain regard’ remue le couteau dans la plaie en abordant la question du sida en Afrique du Sud. Maladie de la honte, l’attentisme des autorités sud-africaines en a fait, en plus du drame sanitaire qu’il représente, un fléau sociétal dont les enfants sont les premières victimes. Life, above all est un poignant témoignage sur la nécessité de la révolution que connaît l’Afrique du Sud, depuis quelques semaines, en matière de lutte contre le sida. Ce film aurait pu passer inaperçu, car le sida en Afrique du Sud, est une question qui a été souvent traitée au cinéma. Life, above all (Le Secret de Chanda) de Oliver Schmitz, projeté ce mardi dans la section ‘Un Certain regard’, réalise un véritable coup de force en suscitant encore l’émotion. Son point d’entrée : une famille, celle de Chanda. Sa petite sœur, un bébé, Sarah, vient de s’éteindre.

L’adolescente de 12 ans ne le sait pas encore, mais cette mort va bouleverser son existence. Car l’ombre de cette maladie, inavouable dans le township d’Elandsdoorn, près de Johannesbourg, plane sur sa famille et sa meilleure amie, Esther. Adapté de l’œuvre Chanda’s secrets d’Allan Stratton, la fiction d’Oliver Schmitz traite d’un tabou sud-africain : le sida.

Victimes de la maladie et de la bêtise

Les premières images de Life, above all n’ont rien d’impressionnant : pathos et interprétation convenue. Pourtant, l’émotion va crescendo. Cela tient-il à cette façon d’insister sur les choix douloureux auxquels se forcent les protagonistes de ce drame au lieu de reconnaître le mal dont ils souffrent ? Le sida, un mot que peine à prononcer, même à l’hôpital, la petite Chanda.

Et puis ce déni permanent symbolisé par la voisine ‘bienfaisante’ de la famille, tante Tafa. Son personnage est la métaphore de cette Afrique du Sud, du moins de ses autorités qui ont longtemps refusé de voir les ravages du sida. Car il ne faut surtout pas faire jaser les voisins. Sarah, comme son fils décédé à la suite d’un vol, sont bien morts ‘hors du perché ’, tente-t-elle de persuader Chanda. Tante Tafa, a l’instar de la mère de la jeune fille, ne cherchent pourtant qu’à protéger l’adolescente de la honte. Alors que les minutes s’égrènent, Life, above all se transforme en un poignant argumentaire sur les conséquences de ce fléau sur les familles et surtout les enfants. Livrés à eux-mêmes, tous les moyens sont bons pour survivre. Esther, par exemple, a jeté son petit corps maigre dans la prostitution, faisant d’elle l’une des pestiférées de la petite localité. Car à Elandsdoorn, le moindre soupçon de la communauté, qui fréquente régulièrement les bancs de l’église, aboutit à un rejet. Oliver Schmitz filme la honte d’hommes et de femmes désœuvrés face à une maladie qu’on ne leur a pas donnée l’occasion de combattre efficacement.

La bêtise des individus a fait le reste. Hommage discret aux femmes, en première ligne comme souvent en Afrique, Life, above all rappelle pourquoi le lancement d’une campagne de lutte nationale, le 25 avril dernier, par le président Jacob Zuma était vitale pour les orphelins du sida à qui est dédié le long métrage d’Oliver Schmitz. Ils sont plus d’un million et demi. Life, above all (Le Secret de Chanda) de Oliver Schmitz Avec Khomotso Manyaka, Durée : 1h 46 En sélection officielle, ‘Un Certain regard’, au Festival de Cannes 2010.

(afrik.com)

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