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LUTTE CONTRE LES VIOLATIONS DES DROITS DE L’ENFANT : Les parents invités par leur progéniture à limiter les naissances
Dix enfants pour une seule famille, c’est trop. Nourrir ces enfants, les éduquer, les soigner, les entretenir devient presque impossible pour nos papas qui n’ont pas les moyens à cause de la pauvreté. Tel est le cri du cœur des milliers d'enfants qui ont organisé hier une caravane dans les rues de Vélingara, à l'occasion de la journée de l'enfant africain. Sur les ondes d'une radio de la place, ils ont invité leurs parents à réduire la taille de leurs familles.

Dossier réalisé par Cheikh DIENG (Correspondant à Vélingara)

Me Aliou SOW s'insurge contre l'exode des jeunes : ‘90 % des vigiles à Dakar sont de Vélingara ou Kolda’
Les zones rurales situées dans le département de Vélingara se vident de plus en plus de leurs bras valides. Ces jeunes laissent derrière eux des terres riches pour aller monnayer leurs forces à Dakar, Thiès, Saint-Louis, Mboro pour de modiques sommes. Dans ces localités, ils sont soit vigiles ou ouvriers agricoles pour des salaires qui tournent autour de 25 000 F par mois. Des pécules qui ne permettent pas de payer son loyer, sa nourriture et envoyer quelque chose à la famille restée au village. ’Quand vous vous rendez dans le quartier des Almadies, à Ouakam ou dans certains quartiers résidentiels de Dakar, vous verrez que 90 % des vigiles sont de Vélingara ou Kolda. Ce qui est bizarre, c’est que ces jeunes abandonnent les opportunités qui leur sont offertes par la nature clémente du Fouladou. Et ils se rendent à Dakar pour un travail humiliant’, a déclaré Me Aliou Sow, avocat, manageur général du Club initiative action pour le développement de Vélingara (Ciadev) qui animait une conférence au lycée Chérif Samsidine Aïdara dont le thème est : ‘Les jeunes de Vélingara face au défi du développement’.

Cet exode massif des jeunes vers le nord du pays a accentué la pauvreté dans cette partie sud du Sénégal. Les vieillards et les femmes restés au village cultivent des surfaces peu importantes de sorte que la soudure est devenue récurrente dans cette partie du Fouladou. Dès le mois de janvier, les greniers sont vides, installant la disette dans les foyers.

Autre facteur bloquant, selon Me Sow, c’est le soutien que les émigrés apportent aux familles restées sur place, en envoyant chaque mois de l’argent. Même s’il ne récuse pas le geste qui est très noble, il se trouve, selon lui, que de nombreux jeunes du Fouladou ont croisé les bras, refusant toute forme de travail au motif que le frère émigré enverra de quoi s’acheter une moto, nourrir la famille et chercher femmes. Cette illusion a amené les rares jeunes restés au village à tourner le dos à l’agriculture et à l’élevage.

Paradoxalement, nombre d'entre ces jeunes sont prêts à quitter les terres fertiles et abondantes du Fouladou où la pluviométrie est encore bonne, pour aller faire du maraîchage à Mboro ou dans la région de Saint-Louis où ils louent la terre, achètent des semences et puisent chaque jour des milliers de m3 d’eau pour arroser les parcelles d’oignons et autres variétés. D'où l'autre paradoxe : le département est ainsi ravitaillé tous les mardis par des commerçants de Mboro ou de Saint-Louis qui inondent de légumes les marchés de Vélingara et de Diaobé.

Devant un tel constat, Me Aliou Sow préconise que les jeunes du département soient sensibilisés dans le sens d'un ’retour vers la terre pour profiter du plan Reva actuellement en expérimentation dans le bassin de l’Anambé et atteindre l’autosuffisance alimentaire en boostant le développement agricole dans le département’. A l'adresse des émigrés, il les incite à mettre en place, au niveau local, des entreprises familiales et des micro-entreprises pour créer de l’emploi afin de mettre fin à l’exode rural et à l'émigration clandestine.


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