RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES Bilan financier du Mondial 2002 :
Le jackpot réduit en primes L'essentiel des fonds mobilisés par l'Etat du Sénégal pour la Coupe du monde et la Coupe d'Afrique des nations 2002 a servi au paiement des primes aux joueurs et aux membres de l'encadrement technique et administratif. En dehors de ce gaspillage de ressources, le rapport définitif de la Cour des comptes dont nous avons eu copie, a noté des cas de violation des dispositions de l'arrêté interministériel et du protocole d'accord fixant le montant des primes à verser. Les enquêteurs de la Cour des comptes ont, en outre, déploré le mode de paiement en numéraire, c'est-à -dire en pièces sonnantes et trébuchantes, des sommes dues et relevé des cas de malversations. La publication des conclusions du rapport (première partie) survient au moment où l'on sonne la reconfiguration de l'attelage du football sénégalais avec, en fond sonore, le dossier de la gestion des fonds du football entre 1999 et 2002. L'instruction menée par le juge Moustapha Sèye qui a conduit en prison les responsables fédéraux Bounama Dièye, Boubacar Gaye et Omar Ndiaye, qui furent respectivement, premier vice-président chargé de l'administration, trésorier général et directeur administratif de la Fédération, avait été suspendue suite à la demande du parquet de la communication du dossier. La machine devrait incessamment être remise en branle. A moins que le juge Sèye ne soit tout simplement dessaisi du dossier.
Réalisé par El Hadji Ibrahima FALL
Gaspillage :
Des primes à vous couper le souffle
Entre la Can 2002 au Mali et le Mondial en Corée-Japon de la même année, les "Lions" du Sénégal n'ont jamais reçu autant de primes. A la place d'une prime de finalistes de la coupe d'Afrique, ils ont reçu une prime de victoire sur décision du chef de l'Etat Me Abdoulaye Wade. Ce qui a fait qu'au total, chacun des 22 joueurs sénégalais a reçu pour sa participation à la campagne malienne 46 millions de francs Cfa (2 millions de prime de participation et 44 millions de prime de victoire). Représentant au total 1,012 milliard auxquels il faudra ajouter les primes de l'encadrement technique chiffrées à 222,5 millions (prime de victoire), la prime de participation soit un montant global de 11 millions étant prise en charge par la Fédération. Par ailleurs, des primes additives de 17,5 millions ont été versées au second kinésithérapeute, à l'aide chargé du matériel et au troisième gardien.
Au total, sur les 1,640 milliard de l'avance à régulariser mobilisés par l'Etat pour la Can 2002, 90 % ont été affectés au paiement des primes. Soit 1,492 milliard.
Quatre mois plus tard, les "Lions" qui ont bénéficié d'une prime de qualification au Mondial d'un montant global de 240 millions, imputés sur l'avance à régulariser de la Can de 1,640 milliard, reçoivent une prime de participation imputée sur l'avance à régulariser du Mondial d'un montant de 532 millions, pour 480 millions et sur les remboursements effectués par la Fédération au titre des fonds de relance mobilisés pour le Mondial pour les 10,5 millions.
Prévues par l’arrêté interministériel (de régularisation en fait suite au protocole d’accord) n° 3960/MS/SAGE du 10 juin 2002, les primes pour la phase finale de la coupe du monde se décomposaient en primes de participation (pour les joueurs et l’encadrement technique et administratif) et primes de match pour les joueurs. L’arrêté était cependant resté muet pour ce qui concerne les primes de qualification et les primes de match pour l’encadrement technique qui, elles, sont prévues par le protocole d’accord.
Globalement, les joueurs ont reçu, à eux seuls, pour la coupe du monde 1,012 milliard représentant les primes de qualification (variable, selon le nombre de matches disputés lors des éliminatoires), de participation (15 millions), de qualification en 1/8e de finale (12 millions), de qualification en 1/4 de finale (10 millions), de présence en 1/4 de finale (7 millions). Ainsi, l'on remarque que chacun des 23 joueurs présents à la Coupe du monde a reçu au minimum 44 millions au moment où les primes versées à l'encadrement technique et administratif variaient entre 9,5 millions et 123 millions (pour Bruno Metsu).
Les chiffres discordants du trésorier de la Fédé
Les primes ont été, en grande partie, supportées par la Fsf, même si la prime de qualification (240 millions) a été imputée sur l’avance à régulariser de 1,640 milliard, la prime de qualification de l’entraîneur (50 millions) étant supportée par les crédits du ministère réservés aux compétitions internationales.
Les enquêteurs de la Cour des comptes ont relevé que les chiffres communiqués par le trésorier général de la Fédération, Boubacar Gaye ne sont pas concordants. En effet, les primes y sont de 934 millions sur l’état des finances de la Fédération à la coupe du monde 2002 qui couvre la période mai/juin 2002. Sur un autre état financier de la participation du Sénégal au Mondial, les primes prises en charge par la Fsf sont chiffrées à 946 millions. Or, l’examen exhaustif des pièces justificatives et des comptes de la Fsf montre que celle-ci a effectivement pris en charge les primes de qualification pour les 8e de finale, les 1/4 de finale, les primes de présence en 1/4 de finale et les primes d’objectif pour un montant global de 945,5 millions. A cette somme, il faut ajouter 4 millions de prime de participation payée à un membre de l’encadrement administratif et 150 millions de contribution à la prime de qualification, soit au total 1,0995 milliard. Il faut y ajouter une prime de 41 100 dollars (28,770 millions de francs Cfa) comptabilisée par le Tg de la Fsf au titre des matchs amicaux ayant précédé la Cm-2002 (Pottan Daegu).
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