Ouvrant le Dakar agricole
Chirac encourage la souveraineté alimentaire Aucun pays n’est sorti du sous-développement sans s’appuyer d’abord sur son agriculture. Le président Chirac a appelé les africains à méditer sur cette évidence qui risque d’échapper à nombre de dirigeants.
Le président français Jacques Chirac, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum Dakar agricole, a invité les pays du Sud à affirmer d’abord leur souveraineté alimentaire pour prétendre sortir du sous-développement. Pour Jacques Chirac, qui a bouclé sa visite de quarante huit heures au Sénégal par ce forum, avant de porter sur le commerce international, les débats sur l’agriculture, à l’échelle mondiale sont fondamentalement axés sur la capacité de tous les pays à nourrir leur population.
Par là Jacques Chirac a regretté la disparition de cette évidence des discours et actions en matière de développement. Les experts, plus financiers qu’agronomes, ont négligé ou mal compris la question agricole alors que dans les pays les plus pauvres, avec les infrastructures de transport, l’agriculture constitue la base d’un développement économique durable.
Pour mieux résoudre ce problème, le patron de l’Elysée estime que les débats sur la mondialisation doivent traiter de manière particulière les questions agricoles et alimentaires avec une approche plus équilibrée et plus respectueuse des traditions et des niveaux de développement de chacun des pays.
Le chef de l’Etat a fustigé les effets de la libéralisation des marchés agricoles dont l’impact est inégal sur les pays. Il n’en veut pour preuve que la réduction de moitié de la part de l’Afrique subsaharienne dans le commerce mondial au profit des pays du Nord.
L’insuffisance des infrastructures de transport, notamment de desserte rurale, avec à la clé une fragmentation des marchés où peuvent coexister des situations de surplus et de pénurie.
En dépit des progrès réalisés, l’activité agricole dans nos pays est à la portée des pathogènes extérieurs comme les invasions acridiennes.
Face à cette situation, le président français invite les dirigeants du monde à reconsidérer certaines politiques qui s’accompagnent d’effets pervers. Pour lui, l’aide alimentaire, si nécessaire dans les cas d’urgence, contrarie le développement agricole lorsqu’elle devient systématique.
Pour répondre à un légitime besoin, des pays bénéficiaires de cette assistance pour sortir de cette situation de dépendance, Jacques Chirac révèle l’engagement par les pays du G 8 de négociations internationales pour définir les conditions d’une aide alimentaire respectueuse des productions et des marchés locaux.
Pour M .Chirac, il s’agit aussi d’actionner de nouveaux leviers en s’appuyant sur les initiatives privées et les entreprises à l’image de ce que fait la Fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde, créée en 2004 à Paris.
Cela passe par l’amélioration de la productivité technique, le renforcement des moyens de stockage et de transport et l’organisation des circuits de transformation. Il s’agit aussi de développer les services financiers nécessaires, notamment par le micro-crédit, soutenir l’organisation professionnelle des paysans, assurer le renouvellement des agriculteurs, etc.
Ibrahima DIAW
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