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Assistance au Sénégal : L'urgence d'harmoniser les interventions
Des variations de performance sont notées dans les divers modèles d'assistance des donateurs du Sénégal. Cette situation pose le lancinant débat sur une harmonisation de ces interventions pour leur meilleure incidence sur l'économie sénégalaise, surtout avec l'avènement du Millenium challenge Account (Mca).

En 2004 l'Usaid a réalisé un taux de décaissement de 94 % pour ses projets d'assistance au Sénégal. Durant la même période, la coopération française a franchi le seuil des 75 % dans les décaissements alors que l'Union européenne restait scotchée à 41 % au terme de l'année 2003. La Banque mondiale quant à elle, enregistre un taux attendu de 20 % en 2004. Le Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme n'a pu exécuter que 15 % de son assistance pour le sida et 12 % pour celle du paludisme à la fin de l'année dernière. Les raisons de ces disparités sont à chercher dans les différences notées dans les approches d'exécution des projets. En effet, les donateurs du Sénégal appliquent quatre principaux types d'approches d'exécution de projet.

Il s'agit en premier lieu de l'exécution directe des projets par une agence du donateur. Cette approche a l'avantage d' être la moins contraignante pour le Sénégal qui a une plus grande liberté de manœuvre dans ce cas de figure.

Cependant, ce système d'exécution directe par une entité du gouvernement Sénégalais s'avère la plus porteuse de risques fiduciaires.

Il y a aussi l'exécution directe par une agence nationale. Certains bailleurs confient la gestion de leurs fonds à des cellules. Ce modèle d'exécution par une cellule de gestion du projet pose problème essentiellement à cause du long travail de mise en place nécessaire avant le démarrage (12 à 24 mois en moyenne).

Une frange de donateurs applique une gestion par contrat direct avec une entité privée alors que d'autres affectionnent le modèle de contrat direct avec une entité privée qui s'avère le plus efficace en terme d'appropriation, de temps de démarrage, de fiabilité d'exécution, de coût, de risque fiduciaire, de taux de décaissement et de qualité du suivi et évaluation.

Cette étude met en exergue l'importance du concept d'appropriation par le pays hôte. Elle place les réformateurs sénégalais dans une position de leaders aussi bien dans l'élaboration de la proposition Mca que l'amélioration d'un environnement politique favorable à la croissance. Les raisons de ce recours à plusieurs systèmes sont liées en partie à aux difficultés que rencontre le Sénégal dans ses systèmes de gestion financière, de gestion et de passation de contrats et de suivi des performances qui ne sont pas encore conformes aux normes internationales de contrôle et de transparence.

L'étude pilote préparatoire de démarrage d'un programme du Millenium Challenge Account (Mca), demandée par le Conseil national de sécurité des Etats-Unis d'Amérique qui révèle cette information estime qu'il faut deux ans pour que ces systèmes soient pleinement opérationnels. En attendant, des structures spéciales de mise en œuvre continueront d'être nécessaires pour soutenir l'exécution des programmes de développement financés par les donateurs dont les pratiques de prise de décision sont fortement corrélées à l'absorption des ressources de l'aide. Les résultats de cette étude révèlent aussi que le Sénégal, malgré tout, a de bons systèmes pour promouvoir la planification participative des stratégies de développement.

Ibrahima DIAW

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