Stratégie de croissance accélérée :
L'alternative pour un développement durable
La lutte contre la pauvreté occupe une place de choix dans les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Une situation qui interpelle une maîtrise des indices économiques par les pays concernés surtout ceux en voie de développement.
Réunis pour les besoins des Journées de l'économie organisées, hier, par le Centre de recherche économique appliqué(Crea) en partenariat avec l'Usaid et le Centre d'études de politiques pour le développement (Cepod), les économistes ont été très critiques sur un certain nombre de programmes et politiques institués par l'Etat du Sénégal pour sortir du sous-développement dans les dix prochaines années.
Articulé autour du thème ‘Croissance et compétitivité au Sénégal : quel rôle pour les initiatives en cours (Sca, Cadre intégré, etc.)’, cette première journée a permis aux participants de mettre l'accent sur la Stratégie de croissance accélérée (Sca) qui appuie le Document de réduction de la pauvreté (Dsrp). Etape clés de son processus de développement devant conduire le Sénégal, d'après le directeur du Cepod, Aliou Faye, aux portes de l'émergence économique à l'horizon 2015. La Sca se fixe des objectifs stratégiques dont un taux de croissance à 7 % l'an mais également la lutte de façon efficace contre la pauvreté. Des objectifs qui, dans l'immédiat, ne pourront être atteints que grâce au renforcement de la création de ressources, l'accès aux secteurs sociaux de base pour les populations et l'accompagnement des groupes vulnérables. Selon le statisticien Mayacine Camara, qui a axé son intervention sur ‘les nouvelles orientations stratégiques du Dsrp II ‘, la lutte contre la corruption prendra, au-delà des questions de bonne gouvernance, la protection sociale pour l'ensemble des populations au moment où seuls 15 % d'entre elles en bénéficient, un taux de scolarisation total mais également la création de richesses.
Cependant, pour le professeur Ben Oumar Ndiaye du Crea, le Dspr II, qui est une amélioration du Dsrp I, connaît certaines insuffisances. Ainsi, la croissance à court terme au lieu de réduire le gap existant déjà, augmente les inégalités. ‘le Dsrp est certes exhaustif mais il faut que les différents acteurs fournissent des efforts en étant attentifs à l'évolution’.
Revenant, par ailleurs, sur les critères d'éligibilité du Millénium challenge account (Mca) relatifs notamment à la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le caractère de l'économie des pays en compétition, le directeur de l'Usaid a souligné l'obligation pour les pays développés de soutenir les pays en développement dans un contexte mondial en pleine mutation. La détérioration des ressources naturelles de base, le resserrement des conditions d'immigration de même que les incidences macro-économiques constituent, à l'en croire, un danger pour le Sénégal qui entame la deuxième phase du Dsrp (2006-2010).
Classé 132e sur 152 pays dans le cadre de l'indice de mesure sur la capacité d'un pays d'appuyer une économie de marché, le Sénégal, selon Olivier Caduner, devra désormais accès son économie sur une croissance accélérée qui va chercher à accroître son produit intérieur brut.
Mame Saye DIOP
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