Production de biocarburant : La contribution de l'Isra De réelles opportunités économiques et financières peuvent être tirées de la culture du Jatropha et du ricin si tous les dérivés du biodiesel sont valorisés. L'Institut sénégalais pour les recherches agricoles (Isra) veut contribuer à la réussite de ce projet que le Sénégal a initié pour alléger sa facture pétrolière.
Pour alléger sa facture pétrolière qui a enregistré une hausse exponentielle ces deux dernières années, le Sénégal s'essaie au biocarburant. Une solution qui passe cependant, par la culture du jatropha et du ricin ou ‘tabanani’ en wolof. Des plantations caractérisées par de nombreux aspects positifs sur les plans écologique, énergétique et économique.
Ainsi, le Sénégal pourrait tirer un énorme avantage sur cette espèce en mettant en culture toutes les terres marginales allant de la région de Louga au Ferlo. Aussi, est-il possible de faire des paysans qui vivent dans ces terres de véritables barons du pétrole vert.
L'Institut sénégalais pour la recherche agricole (Isra), par la voix de son directeur général, le docteur Macoumba Diouf, veut aider le gouvernement à relever ce challenge.
De l'avis de M. Diouf, les résultats ont montré jusqu'ici que de réelles opportunités économiques et financières peuvent être tirées de la culture du Jatropha si tous les dérivés du biodiesel sont valorisés.
Ainsi, révèle-t-il, au terme des assises de Saly, du 15 au 17 mai dernier, sur le thème ‘Quelle recherche agricole pour une agriculture moderne et durable au Sénégal’, il y a nécessité de renforcer les capacités des producteurs surtout que les itinéraires techniques de production de Jatropha et du Ricin ne sont pas encore maîtrisés par toutes ces populations.
Il sera aussi question de l'élaboration de fiche technique pour la production de ces cultures qui méritent l'initiation d'un programme national de recherche d'accompagnement comme s'y attèle déjà le Brésil. Pays où les énergies de biocarburant alimentent les villes de 10 000 à 15 000 habitants.
Le pays de la Samba a même fait part de toute sa disponibilité à accompagner le Sénégal qui détient tous les atouts aussi bien pour la culture de la matière première que pour la production du biocarburant.
Aussi, compte tenu du rôle central qu'ils jouent dans les Programmes nationaux et spéciaux, les chercheurs de l'Isra ont aussi longuement débattu de ces concepts.
Et d'emblée, il a été procédé à la clarification entre les concepts de Programmes nationaux et Programmes spéciaux. A les en croire, est considéré comme Programme national, tout programme dont les activités correspondent à des préoccupations de la profession et des principaux clients de la recherche et dont la prise en charge implique la contribution de différents partenaires. Son exécution est continue, mais les actions dans le temps sont programmées annuellement.
Est considéré comme Programme spécial, la prise en charge d'un objectif spécifique défini par les autorités étatiques sur une base annuelle. Sa mise en œuvre nécessite la mobilisation d'un partenariat national développé et basé sur l'utilisation des acquis disponibles.
Les semences et plants ont occupé une partie importante des débats, du fait de leur importance et des difficultés notées dans les différentes filières comme le mil, le sorgho, le niébé, entre autres. Ce, pour contribuer à une meilleure formulation d'une politique de diversification agricole.
Et constatant que les statistiques sur les semences et les producteurs semenciers sont éparses, les chercheurs recommandent la création d'une base de données mais aussi la réactualisation du répertoire des producteurs de semences. Tout comme l'amélioration du cadre législatif et réglementaire conformément à la loi modèle de l'Union africaine (Ua) sur les obtentions végétales.
Tenant compte des préoccupations des producteurs, il a été recommandé de définir un programme de production de semences de prébase sur les principales spéculations horticoles.
Par ailleurs la cellule triangulaire Recherche-Appui/Conseil-Organisations de Producteurs doit être redynamisée pour mieux prendre en charge l'activité Recherche /Développement préconise l'Isra.
Ibrahima DIAW
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