Menace de disparition des plages du fait de l'homme : Les professionnels du tourisme interpellés au premier chef Les sables sont menacés de disparition. Il faut donc agir vite. Acteurs du public et du privé ont lancé un appel dans ce sens.
Le danger est là. Si rien n’est fait pour arrêter leur exploitation anarchique, les sites touristiques risquent de perdre leurs plages. Aux noms des présidents de la Confédération des professionnels de l’industrie du tourisme du Sénégal (Copits), M. Mamadou Racine Sy et M. Mamadou Sow, absents du territoire, M. Cheikh Gaye, le Secrétaire permanent de cette organisation patronale, a attiré l’attention des autorités de tutelle sur la question. ‘Le problème du changement climatique est devenu une réalité scientifique et ses principaux impacts sont l'élévation du niveau de la mer, le réchauffement de la planète mais aussi l'action de l'homme’, a-t-il d’emblée souligné samedi dernier au Lac Rose lors de la célébration de la journée mondiale du tourisme. Cheikh Gaye a estimé que la préservation des ressources naturelles est vitale pour le développement de l'industrie des voyages. Et pour se comporter en bon citoyen, il pense que l'acteur touristique doit s'attaquer aux problèmes induits par ce changement. Pour lui, il doit aussi contribuer à la restauration de l'environnement naturel.
S’adressant aux professionnels du tourisme, il les a appelés à faire preuve de responsabilité. ‘Un engagement doit venir de tous les acteurs qui sont les concepteurs des produits touristiques. C'est autour des sites que se fabrique le produit (excursions, ballades, randonnées etc...) Tout le monde constate actuellement que le lac n'est plus tout à fait rose à cause de l'action de l'homme. La nature nous avait doté d'un produit unique au monde mais nous sommes en train de le perdre. Donc, nous sommes les premiers interpellés’, a-t-il souligné.
A Saly (Mbour), ce sont les constructions anarchiques qui l’inquiètent. ‘Les constructions anarchiques sur le littoral de Saly font disparaître les plages. A certains endroits, l'écosystème s'est modifié, les pontons construits au niveau des hôtels Espadon et les Cocotiers ont fait que le Savana n'est plus ce qu'il était il y a vingt ans ; il n'y a plus de plage’, a déploré M. Gaye. Selon lui, le même phénomène est observable dans le Nord. ‘Dans le Fleuve Sénégal, on observe des marées fréquentes, ce qui fait que les oiseaux qui venaient sur la Langue de Barbarie migrent vers le Djoudj du fait de la salinisation plus poussée de l'embouchure. Pour régler le problème des inondations de Saint-Louis, on a creusé des brèches qui ont complètement changé l'écosystème’, s’est-il inquiété.
Cheikhh Gaye a donné d’autres exemples d’hôtels qui sont menacés de disparaître du fait de l’action de l’homme. ‘L'hôtel d’Ariane construit il y a peu d'années risque de disparaître comme celui de G.Poite Hakuna Matata qui a été démanagé de la Pointe de Sangomar vers l'Ile de Marlodj’, a-t-il cité en exemple.
De quoi attirer l’attention de Mme le ministre des Sénégalais de l’extérieur, du Tourisme et de l’Artisanat, Aminata Lô Dieng. Accompagnée d’une très forte délégation dont le Directeur général de l’Agence nationale de promotion du tourisme (Anpt), cette dernière s’est montrée consciente de ces menaces. Aussi, pour répondre à tous ces défis, a-t-elle invité les acteurs du secteur à veiller au respect des dispositions juridiques et réglementaires qui régissent l’environnement. ‘Il nous faut un engagement à respecter le Code de l'environnement en collaboration avec les Eaux et Forêts, non seulement pour faire préserver mais aussi pour pérenniser l'activité touristique’, a indiqué le ministre. ‘Nous devons trouver les moyens de planter sur les sites des arbres pour faire beau et utile’, a-t-elle ajouté.
Jugeant insuffisante cette journée de samedi, Mme Aminata Lô Dieng veut faire plus. ‘Nous devons pouvoir nous réunir très prochainement pour explorer les voies et moyens de nous inscrire dans une politique de tourisme durable, sain, profitable aux populations et responsable et permettant de préserver pendant au moins 30 ans notre produit au lieu de 10 ans’, a-t-elle indiqué.
Des propos favorablement accueillis par une foule nombreuse qui ne demande que la préservation de leur site, le Lac Rose, leur principale source de revenus.
Ndakhté M. GAYE
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