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  + Rubrique Economie
Part du budget allouée à l’agriculture : Etat et Ong ne parlent pas le même langage
Seulement 2,5 % du budget national est consacré à l’agriculture. C’est la révélation de Action aid. Un chiffre bien en deçà de ce qui est proclamé officiellement

L’agriculture qui est considérée comme le moteur de tout développement économique pour les pays comme le Sénégal, ne semble pas être une priorité pour le gouvernement du Sénégal, puisque 2,5 % seulement du budget national est consacré à ce secteur. ‘Aujourd’hui, quand vous prenez le budget du Sénégal et que vous le décortiquez vous allez constater que 4,87 % seulement est consacré à l’agriculture’, a indiqué Al Hassan Cissé, coordonnateur du projet Droit à l’alimentation au sein de l’Ong Action aid.

Et d’ajouter : ‘Les dépenses d’investissements directes dans l’agriculture ne représentent que 48 %. Cela veut dire que globalement 2,5 % seulement du budget national est consacré à l’agriculture’. Al Hassan Cissé, qui s’exprimait, hier, en marge d’une conférence de presse préparatoire à la journée internationale de la femme rurale et à la journée mondiale de l’alimentation, qui auront lieu respectivement les 15 et 16 de ce mois, a expliqué en effet que parmi ces 4,87 % alloués à l’agriculture, seul 2,5 % est consacré effectivement à ce secteur. Le reste allant vers des dépenses de fonctionnement et autres. Alors que selon lui, l’Etat a souscrit à la déclaration de Maputo de 2003, qui stipule que chaque Etat doit consacrer, au moins, 10 % de son budget national à l’agriculture. Ainsi, M Cissé qui a fait savoir que l’aide publique à l’agriculture au Sénégal a fortement décliné a, néanmoins, indiqué qu’il est important que l’Etat et les partenaires au développement augmentent leur aide publique à ce secteur qui est, selon lui, la base de l’autosuffisance alimentaire et la clé du développement économique du Sénégal. ‘Pour assurer la sécurité alimentaire, il faut que l’Etat mette en place une politique de souveraineté alimentaire, qui à elle seule, peut permettre de lutter contre l’insécurité alimentaire’, a indiqué M Cissé. Mais, à l’en croire, toute stratégie agricole efficace doit commencer par un approvisionnement suffisant et de qualité en semences aux agriculteurs.

C’est la raison pour laquelle, d’après lui, son organisation s’est fixée comme objectif d’atteindre cette année 20 000 tonnes de semences. ‘Le deuxième aspect de notre programme est relatif aux semences. Nous avons développé un programme pour reconstituer le capital semencier afin d’avoir des semences certifiées. Parce que des recherches ont montré que des semences certifiées et de qualité augmentent de 30 % la production agricole’, a-t-il indiqué, tout en rappelant que cet objectif entre dans le cadre de la politique agricole du gouvernement. ‘Le développement est avant tout une affaire politique’, a-t-il admis, soulignant que l’Ong ne pouvait que faire un plaidoyer pour influencer les politiques agricoles. Enfin, avec la libéralisation de l’agriculture, qui a conduit, selon lui, à la disparition des unités de commercialisation, Action aid envisage de mettre en place des unités de transformation pour permettre aux producteurs de réduire les pertes après les récoltes mais aussi la mainmise des intermédiaires.

Charles Gaïky DIENE

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