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  + Rubrique Economie
Malgré la hausse de la production locale : La facture laitière augmente de 3 milliards
La facture laitière du Sénégal s'élevait à 35 milliards de francs Cfa en 2007. En 2008, elle était de 57 milliards, pour se retrouver un an plus tard à 60 milliards de francs Cfa. Et déjà alourdie par les produits pétroliers, la balance commerciale du Sénégal penche davantage sous le poids des factures des importations de lait, malgré la hausse de la production locale qui a augmenté de 5 mille tonnes.

La production locale de lait est passée de 112 millions de litres en 2007 à 152 millions de litres un an plus tard. Soit une progression de 40 millions de litres. Ce qui aurait dû faire revoir à la baisse les importations de ce produit durant la même période où elles ont chuté d'environ 5 mille tonnes équivalant au lait. Une performance qui devrait normalement impacter positivement sur la balance commerciale du Sénégal déjà alourdie par les produits pétroliers. Malheureusement, tel n'est pas le cas.

Pire, la facture laitière a emprunté une courbe haussière, d’après une information révélée par le docteur Ibrahima Thiam qui se trouve être Conseiller technique au ministère de l'Elevage. Le docteur Thiam qui prenait part vendredi dernier à la cérémonie officielle de démarrage de la campagne nationale de vaccination du cheptel à Tasssette, dans la région de Thiès, estime qu'en 2007, la facture laitière s'élevait à 35 milliards de francs Cfa. En 2008, elle était de 57 milliards pour se retrouver un an plus tard à 60 milliards de francs Cfa. Interpellé sur les raisons d'une telle situation, le docteur Thiam justifie cette hausse par la crise pétrolière qui a ébranlé le monde, l'année dernière. Ce qui a entraîné le renchérissement des coûts de production de l'agriculture occidentale qui dépend, en grande partie, des coûts de production de l'énergie. Une donne qui conforte davantage la place du lait au deuxième poste de consommation au Sénégal.

En constante évolution depuis la fin des années 1970, les importations de lait au Sénégal, cumulées avec les produits laitiers, atteignent des proportions démesurées, avec une part dominante du lait en poudre. Si l'on en croit les notes de la Division de la prévision économique (Dpe), l’Union européenne, avec près de 80 %, reste le principal fournisseur de lait en poudre. Mais plus particulièrement la France qui représente 42 % de ce marché européen pour un tonnage de 12 000 tonnes environ. Le pays de Marianne, avec près de 90 %, domine également le segment du lait liquide dans une situation de quasi-monopole avec près de 4 500 tonnes par année.

De ces données, on retient que la combinaison de l’insuffisance de production locale et de croissance de la demande fait du Sénégal un marché très convoité. Mais, au niveau de la collecte et de la transformation, les difficultés sont encore tenaces malgré de nombreuses initiatives menées çà et là.

Ibrahima DIAW

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