Pour la révolution rizicole africaine :
L’espoir du Nerica La réputation scientifique des ‘Nerica’ est une donnée mondialement établie. Le rendement moyen de sa variété pluviale avoisine les 3 tonnes à l’hectare. Et même dans les conditions favorables, il peut atteindre les 5 tonnes à l’hectare. Là où celle des bas-fond ou irriguée produit jusqu’à 8 tonnes à l’hectare. De quoi susciter un réel espoir pour les Africains dans leur quête d’une sécurité alimentaire.
Le Sénégal, l’Afrique subsaharienne en général, souffre des niveaux élevés de ses importations alimentaires, notamment le riz. Et on sait qu’une forte subordination à l’importation de cette céréale a des conséquences graves sur la sécurité alimentaire, les revenus et la réduction de la pauvreté. Et au-delà de ces considérations, elle constitue un problème majeur pour les producteurs locaux de cette denrée alimentaire. Et pourtant, le Centre du riz pour l’Afrique, né des cendres du Centre du riz pour l’Afrique de l’Ouest (Adrao), après avoir pris la pleine mesure des enjeux, a apporté une alternative. Il s’ agit de la variété ‘Nerica’. Une variété que beaucoup d’observateurs présentent comme l’espoir du continent africain pour faire sa révolution rizicole et qui a été la grande attraction lors du 3e atelier international ‘Sciences, métiers, sociétés’ qui a pris fin, la semaine dernière, à Dakar.
A cette occasion, le chef de l’Unité Rice time du Centre du riz pour l’Afrique et coordonnateur de l’Initiative africaine sur le riz, a révélé que la réputation scientifique du ‘Nerica’ est une donnée mondialement établie. Elles ont été créées en Afrique par des Africains, pour répondre aux besoins des riziculteurs de l’Afrique, particulièrement les plus pauvres. Le docteur Inoussa Akintayo estime que ce fruit d’un croisement des variétés de riz asiatique et africain est une variété précoce à haut rendement et riche en protéine. En plus de ses capacités à résister aux stress biotique et abiotique, c’est-à-dire aux insectes et à la sécheresse. Ce qui est un atout pour des pays comme le Sénégal souvent victimes des caprices de leur pluviométrie. Aussi, informe-t-il, le rendement moyen du ‘Nerica’ pluvial avoisine les 3 tonnes à l’hectare. Et même dans les conditions favorables, il peut atteindre les 5 tonnes à l’hectare. Là où la variété des bas-fond ou irriguée produit jusqu’à 8 tonnes à l’hectare.
Les ‘Nericas’ sont aujourd’hui présentes dans 30 pays d’Afrique. A l’échelle du continent, l’utilisation de ces variétés a contribué à un accroissement de la production rizicole au Burkina Faso de 242 % en 2008. Au Mali, ses superficies emblavées sont passées de 10 à 70 ha entre 2008 et 2009.
Et le Pnud ne s’est pas trompé en déclarant en 2008 que, pour la première fois, beaucoup de producteurs africains sont capables de produire suffisamment de riz pour leurs familles et d’obtenir un surplus commercialisé grâce aux ‘Nericas’.
Le thème du 3e atelier international ‘Sciences, métiers, sociétés’ organisé par le Groupe inter-académique pour le développement (Gid) et les Académies qui en sont membres était ‘Agriculture, alimentation et biotechnologie’.
Ibrahima DIAW
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