Appui européen à l'agriculture :
Un bilan diversement apprécié En 2006, l’Union européenne, par le biais de son fonds ‘Système de stabilisation des recettes d'exportation’ (Stabex), avait consenti une aide de 33 milliards de francs Cfa au Sénégal pour soutenir son secteur agricole en proie à de sérieuses menaces. Deux Cadres d’obligations mutuelles (Com) agriculture et arachide ont été ainsi mis en place pour une durée de 3 ans. A l’heure du bilan, les avis sont partagés.
Entre les bailleurs et les ministères techniques, on ne parle pas le même langage à propos du soutien à l’agriculture. Un soutien qui se fait à travers deux Cadres d’obligation mutuelle (Com) agriculture et arachide d’une durée de trois ans. Pour l’Union européenne, les résultats n’ont pas été à la hauteur des espoirs que les bailleurs avaient placés en cette initiative puisque seuls 70,2 % des montants alloués ont été engagés. 20 millions d’euros, soit un peu plus de 13 milliards de francs Cfa restent donc en souffrance dans les caisses de l’Union européenne. Ce que regrette le chargé des programmes Com de la Direction de la Dette et de l’Investissement du ministère de l’Economie et des finances. ’Au terme de l’exécution de cet ambitieux programme, beaucoup d’actions prévues au départ, comme le volet fertilisation des sols qui est essentiel dans le secteur agricole pour l’amélioration de la productivité ainsi que le volet système d’information de la filière arachide, n’ont pas été exécutés pour divers facteurs qui font que malheureusement les acteurs impliqués n’ont pas été en mesure de dérouler certaines activités’, fait savoir Lat Diop qui impute cette situation à un manque d’implication de certains ministères techniques qui ne jouent pas pleinement leur rôle dans la mise en œuvre des projets. Ces résultats, à en croire M. Diop au cours de l’atelier de fin dudit projet, remettent sur la table la sempiternelle question d’absorption des ressources financières allouées au Sénégal dans le cadre de la coopération économique internationale.
La directrice de l’Analyse, de la prévision et des statistiques (Daps) du ministère de l’Agriculture prend le contre-pied du chargé des programmes Com de la Direction de la Dette et de l’Investissement du ministère de l’Economie et des Finances. Maïmouna Lô Guèye trouve fort appréciables les résultats du programme. Et elle n’en veut pour preuve que la production de noyaux génétiques et de noyaux de pré base qui est passée de 30 à 46 tonnes entre 2008 et 2009. A cela s’ajoute la constitution d’un stock de sécurité de semences d’arachide de 15 tonnes. Aussi, salue-t-elle le développement des services aux producteurs, le renforcement des capacités des professionnels du secteur et des structures d’appui telles que l’Ita, l’Isra et la Sodefitex par le biais de la formation, de l’octroi de subvention, de l’équipement en matériels agricoles et du renforcement des moyens logistiques et humains.
Le programme des pistes rurales a été conduit pratiquement à hauteur de 70 % des objectifs avec environ 490 km réhabilités dans la région de Kaolack et entre Mbirkilane et Tambacounda, a-t-elle ajouté au bilan des programmes.
Le Cadre d’obligation mutuelle (Com) Agriculture ambitionnait de contribuer à l’augmentation des revenus des populations rurales et à la sécurité alimentaire, mais aussi de contribuer au développement socio-économique et au renforcement de la compétitivité du Sénégal dans le contexte sous-régional.
Pour le Com Arachide, l’objectif était de participer à la réduction de la pauvreté en contribuant à la reconstitution du capital semencier, à la diversification et la promotion de l’arachide de bouche et à l’amélioration de la fertilité de sols.
Ibrahima DIAW
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