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Polémique autour des prix du riz : Le ministre du Commerce relève la ‘confusion entre les variétés’
L’inauguration de six magasins de référence en banlieue a été l’occasion pour le ministre du Commerce Amadou Niang d’apporter des précisions sur les prix du riz. La polémique va bon train alors qu’un discernement des variétés commercialisées permettrait de comprendre que le prix de 250 francs au kilogramme ne concerne pas le riz parfumé, qualité préférée des Sénégalais.

Après les échos sur les fluctuations du cours du riz au niveau international, les spéculateurs ont commencé à se frotter les mains, se préparant à augmenter les prix alors que les stocks ne sont pas encore épuisés. Dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2009, le Chef de l’Etat, pour rassurer sur la volonté de son gouvernement de soutenir le pouvoir d’achat des Sénégalais, et l’ineffectivité de toute hausse, a rappelé les prix officiels. ‘Le riz non parfumé coûte 250 le kg au détail contre 425 francs en juillet-août 2008, le sachet de 500 g de lait en poudre coûte 1 175 francs contre 1 800 francs en juillet-août 2008, le sac de farine coûte 14 mille francs contre 18 mille pendant la même période. Nous sommes en train d’étudier un système de modération des prix, surtout en banlieue’, a déclaré Wade. Mais les prix avancés pour le riz ont été démentis par certains leaders d’opinion, qui ont indiqué que le kilogramme de riz à 250 francs n’était pas une réalité dans le marché. Le ministre du Commerce, pour sa part, a apporté la réplique pour recadrer le débat. C’était hier, à l’occasion de l’inauguration de six magasins de référence aux Parcelles assainies, à Grand-Yoff et à la Cité Fadia. Amadou Niang a fait constater, sur la base des prix affichés dans les boutiques de référence, que le kilogramme de riz coûte bien 250 francs. La précision de taille, c’est que ce prix est celui du riz non parfumé et du riz entier de la Vallée. Les Sénégalais ayant un penchant pour le riz parfumé qui coûte, cependant, beaucoup plus cher. Le prix officiel est de 350 francs au kilogramme. Ainsi, la confusion est rapidement faite. Il y a du riz pour toutes les bourses, indique-t-on. Ainsi, le consommateur qui opte pour un riz de luxe devra débourser la valeur équivalente ou, à défaut, acheter selon ses moyens.

Les boutiques de référence ne permettent pas seulement de faire appliquer les prix officiels du riz. Il s’agit plutôt d’une dizaine de denrées de nécessité (riz, sucre, lait, tomate, savon, huile, gaz, etc.). Un arrêt ministériel, venu renforcer la Loi 94-63 instituant l’affichage des prix dans les boutiques a été pris courant 2009, mais il tarde à être respecté. Le non-affichage n’est pas immédiatement sanctionné. Une mise en demeure non suivie d’effet dans les jours suivants entraîne, toutefois, des sanctions pécuniaires et même privatives de liberté, selon les cas.

Le vice-président de l’Association des consommateurs sénégalais (Ascosen), Momar Cissé, a profité de l’inauguration des boutiques Easy et Prista en banlieue pour inviter les consommateurs à ‘s’il le faut, faire 800 mètres pour aller dans un magasin de référence’. Ceci afin d’amener le boutiquier classique à respecter l’affichage et l’application des prix officiels.

CONSTAT : Légère différence de prix entre boutiques Easy et Prista

Lors de la tournée en banlieue, il a été constaté une différence de prix de 10 francs sur le riz, entre les boutiques Easy et Prista, ainsi qu’un non affichage des prix par la dernière enseigne nommée. Pour Prista, l’on invoque un dysfonctionnement à corriger au plus vite. Et pour ce qui est de la différence de prix, les agents du ministère du Commerce expliquent qu’elle est due au fait que les lieux d’approvisionnement diffèrent. Les prix des denrées n’étant pas statiques, un stock tardivement écoulé par-ci et renouvelé ailleurs explique la différence. Mais globalement, les marges sont les mêmes pour toutes les enseignes : 4 500 francs à la tonne pour l’importateur de riz, 5 000 francs à la tonne pour le grossiste et 750 francs pour chaque sac de 50 kg, pour le détaillant.

Le ministre du Commerce, auparavant, avait indiqué qu’une quarantaine de magasins de référence a été ouverte dans tout le pays et vingt autres le seront prochainement. L’objectif est, dit-il, de densifier les réseaux de référence, notamment en banlieue où la concentration humaine est forte et les revenus bas. Ainsi, Amadou Niang souhaite que l’on ‘accélère le pas’ pour avoir une trentaine de boutiques en banlieue. Touba, Mbour et Ndiassane ont déjà inauguré leurs magasins de référence. Ce sera le tour de Podor au mois de février, informe le ministre. A terme, 600 magasins de référence devraient voir le jour dans l’ensemble du pays.

Khady BAKHOUM

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