Economie maritime :
400 millions de francs pour doter Tamba d’un complexe frigorifique
Vieille doléance des populations de la ville, le complexe frigorifique de Tambacounda sera bientôt érigé à l’entrée de la ville. Le ministre de l’Economie maritime, de la Pêche et des Transports maritimes a procédé lundi à la cérémonie de pose de première pierre de cet édifice d’un coût global de 400 millions de francs Cfa et dont la fin des travaux est attendue dans, au maximum, 6 mois.
(Envoyé spécial) - La ville de Tambacounda va, très bientôt, étrenner son complexe frigorifique. Le ministre de l’Economie maritime, de la Pêche et des Transports maritimes a posé lundi dernier la première pierre de cet ouvrage tant attendu par les populations de cette région orientale du Sénégal qui consomment difficilement du poisson frais comme le font leurs concitoyens des autres régions du pays. D’un coût global de 400 millions de francs Cfa, le complexe frigorifique de Tamba sera doté d’une fabrique de glace d’une capacité de 120 blocs de 25 kilogrammes par jour, d’une chambre de stockage de glace d’une capacité de 3 tonnes, d’un tunnel de congélation pouvant descendre jusqu’à moins 35° C, avec une capacité de 300 kilogrammes de poisson frais par heure.
La conservation des fruits et légumes ne sera pas en reste. En effet, selon la fiche technique de l’infrastructure, il y est prévu une chambre de conservation de ces denrées d’une capacité de 10 tonnes.
Ainsi, selon le ministère de l’Economie maritime, le complexe frigorifique de Tambacounda devrait contribuer à une meilleure valorisation de la production débarquée, des surplus des produits et à la résorption du sous-emploi au profit des acteurs directs et indirects. ‘Jusqu’à présent, Tamba n’est ravitaillé qu’en petit poisson. Mais tout cela est fini. Parce que dans quatre à six mois au plus tard, le complexe sera fonctionnel. Et nous ajouterons un don de camions frigorifiques qui va permettre de ravitailler cet outil de développement. Nous allons le confier à un comité de gestion’, déclare le ministre de l’Economie maritime. ‘Mais, précise-t-il, s’il ne s’acquitte pas correctement de cette mission, nous l’arracherons pour le donner à d’autres’.
Khouraïchi Thiam soutient, par ailleurs, que l’ouvrage participera à la dynamisation du secteur et par conséquent à l’essor économique, la création de richesses pour les acteurs et apportera une réponse à la demande sociale. ‘Il contribuera aussi à l’amélioration des conditions de travail, d’hygiène et de qualité des bénéficiaires ainsi que les capacités organisationnelles des professionnels de la pêche’, soutient-il.
Cependant, le Sénateur Samba Diop qui a magnifié à sa juste valeur cette nouvelle infrastructure dans la ville a invité les mareyeurs à revoir le prix du poisson qui, selon lui, coûte excessivement cher à Tamba. ‘Le poisson est une ressource naturelle nationale comme l’or de Kédougou. Il doit être partagé équitablement entre les différentes populations du pays. Donc, j’invite les mareyeurs, en collaboration avec la mairie à revoir les conditions de marché afin que les prix du poisson baissent’, se défend-il. Prenant la balle au rebond, le président de l’association des mareyeurs de Tamba, Cheikh Dieng, incitera le maire et son équipe à baisser les taxes municipales pour faire chuter les prix. ‘Amener le poisson jusqu’à Tamba est une chose très difficile à cause de la distance qui la sépare des principaux lieux de débarquement du poisson du pays. En plus, nous payons deux taxes municipales. C’est pourquoi, le poisson coûte cher dans la région. Donc, à notre tour, nous demandons au maire, Woury Bâ, ainsi qu’à son équipe de supprimer au moins une taxe pour que les populations puissent acheter le poisson moins cher’, rétorque-t-il.
Outre les produits de la pêche, l’implantation du complexe frigorifique de Tamba permettra de conserver accessoirement les fruits et légumes commercialisés dans les localités que sont Tambacounda, Koussanar, Kidira, Bakel et Koumpentoum.
Notons que, dans sa stratégie de valorisation du poisson frais débarqué par la pêche artisanale, le ministère de l’Economie maritime, en relation avec le gouvernement indien, a lancé un important programme d’implantation de 15 complexes frigorifiques le long du littoral et à l’intérieur du pays.
Seyni DIOP
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