Financement des plans d'investissement agricoles : La Cedeao évalue les besoins à près de 500 milliards de fracs Cfa Après les difficultés de la crise alimentaire de 2007, les Etats membres de la Cedeao veulent rectifier le tir. Ainsi, pour les cinq prochaines années, c’est un ambitieux programme de financement des plans d’investissement nationaux et régionaux de près 500 milliards de francs Cfa qu’ils comptent mobiliser à cet effet.
900 millions de dollars, soit plus de 478 milliards de francs Cfa, voilà le montant que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) compte mobiliser pour financer son plan régional d’investissement agricole dans les 5 cinq années à venir. C’est ce qui ressort du premier Business meeting sur le financement des plans d'investissement agricoles des pays membres de la Cedeao qui a regroupé les experts des 15 pays membres à Dakar pendant 4 jours. De cette enveloppe, les 960 millions de dollars, soit 455 milliards de francs, seront destinés aux interventions sur le terrain tandis que les 40 millions de dollars restants, 21 milliards de francs, vont être consacrés aux aspects transversaux comme le pilotage, la mise en œuvre et le suivi-évaluation.
Plusieurs structures présentes à la réunion de Dakar ont annoncé leur intention ferme d’accompagner ce processus à travers des financements des plans nationaux et régionaux. L’organisation mère, la Cedeao, a été la première à annoncer son engagement. Elle va financer ce plan quinquennal (2011-2015) à hauteur de 150 millions de dollars, soit 80 milliards de francs Cfa. Ce qui représente 16 % du coût global du plan régional. Et d’ores et déjà, son budget alloué à l’agriculture en 2010 est, selon le communiqué final du Business meeting, proche de 30 millions de dollars. Les Etats membres de la Cedeao ont également renouvelé leur engagement à consacrer au moins 10% de leur budget national à l’agriculture, conformément à la déclaration des chefs d’Etats et de gouvernements de Maputo en 2003.
S’agissant des engagements des partenaires techniques et financiers, qui s’étaient déjà engagés dans des programmes agricoles, notamment dans le cadre des facilités agricoles habituelles soutenues par une majorité de bailleurs de fonds, des facilités de mise en œuvre suite à la crise alimentaire de 2007-2008, et du soutien à la mise en œuvre des plan nationaux et régionaux des programmes nationaux d’investissement agricoles, ils ont encore manifesté leur volonté d’accompagner les Etats de la Cedeao dans ses plans d’investissement. En outre, ils ont exprimé leur volonté de traduire leurs engagements internationaux pris lors du sommet de l’Aquila sur la sécurité alimentaire, en soutenant la mise en œuvre. Ainsi, l’Espagne a décidé d’allouer 240 millions d’euros, soit 157 milliards de francs Cfa pour l’accompagnement des plans nationaux et régionaux des Etats membres de la Cedeao. Les Etats-Unis également ont annoncé une contribution, au titre de l’année 2010, de 150 millions de dollars, soit près de 80 milliards de francs Cfa. Quant à la Banque mondiale, son appui sera axé sur trois canaux. D’abord à travers la ‘Global agriculture food security program’ (Gafsp), le ‘Global food response program’ (Gfrp) et l’Association internationale pour le développement (Ida). Le Gafsp est doté en 2010 d’un portefeuille de 1,5 milliard de dollars, soit 795 milliards de francs Cfa dont 65 % est destiné à l’Afrique. Les fonds de l’Ida, eux, portent sur un montant d’un milliard de dollars, soit 530 milliards de francs Cfa, pour l’Afrique. Les autres partenaires bilatéraux, tels que la Chine, la Corée du Sud, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada, la Suisse, multilatéraux comme l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), le Programme alimentaire mondial (Pam) ou le Fonds international de développement agricole (Fida), ainsi que les institutions financières, ont également annoncé pour prochainement leur contribution à la mise en œuvre des plans d’investissements.
Cependant, les partenaires techniques et financiers ont suggéré à la Cedeao de mieux évaluer la contribution du plan régional à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) et d’améliorer la dimension genre. Les organisations de producteurs, quant à eux, ont insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes de financement de l’agriculture aux besoins des producteurs familiaux, base du développement agricole régional.
Le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, qui présidait la cérémonie de clôture de travaux s’est dit heureux de constater que la Cedeao et l’Union africaine aient pris leurs responsabilités en main, pour appuyer et encadrer les Etats membres dans la définition de programmes agricoles cohérents et ambitieux tout en exploitant les complémentarités nationales. Néanmoins, il a invité les partenaires techniques et financiers à concrétiser les financements ‘pour ne pas ruiner l’espoir placé par nos peuples en ces programmes d’investissement agricoles’. Une recommandation qui figure en bonne place dans la nouvelle feuille de route de la Cedeao qui va s’attaquer aussitôt à la préparation d’un mémorandum à l’adresse des chefs d’Etat et de gouvernement du G8 et du G20 en fin Juin, en vue de restituer les résultats du Business meeting et de mobiliser les partenaires internationaux.
Seyni DIOP
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