Présidentielle française : Nicolas Sarkozy dénonce un délit de faciès à son encontre
Nicolas Sarkozy se dit victime d'un ‘délit de faciès’ de la part de la gauche, de la candidate socialiste Ségolène Royal et du président de l'Udf François Bayrou. Devant environ 10 000 personnes réunies vendredi soir dans un parc d'exposition près de Clermont-Ferrand, le candidat de l'Ump à l'élection présidentielle a notamment reproché à ses adversaires de l'accuser, sans ‘preuve’ et sans ‘indice’, d'avoir fait pression sur le Conseil supérieur de l'audiovisuel pour empêcher un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou. ‘Nous sommes dans le délit de faciès et le délit d'opinion, délit de faciès et délit d'opinion qui sont à la mode chez les bien-pensants !’ a-t-il lancé. ‘Bientôt, tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux seront des fascistes. Cela leur permettra de trouver le point commun qui leur manque pour entrer dans une coalition avec le Parti communiste et avec l'extrême-gauche’, a-t-il ajouté. ‘Beau ciment idéologique !’
Nicolas Sarkozy avait auparavant accusé François Bayrou, battu au premier tour de l'élection présidentielle, et à Ségolène Royal, son adversaire du second tour, de vouloir confisquer le débat démocratique. ‘Je ne laisserai personne voler aux Français le deuxième tour de l'élection présidentielle. Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier. Ce serait un véritable déni de démocratie’, a-t-il dit. ‘Je ne laisserai personne continuer à m'injurier et à me diffamer’, a ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur, favori des sondages.
François Bayrou et Ségolène Royal avaient accusé hier, vendredi, le candidat de l’Ump, Nicolas Sarkozy, d'exercer des ‘pressions’ pour empêcher le débat radio-télévisé prévu ce samedi dans un hôtel parisien et retransmis en direct, samedi, par la chaîne Bfm Tv et la radio Rmc, deux médias à l’audience restreinte, à neuf jours du second tour. Ce débat devrait durer une heure et demie.
Distancée de 5 points par son rival au premier tour, Ségolène Royal est contrainte de rallier un maximum d'électeurs de François Bayrou pour espérer devenir la première présidente de France, le 6 mai. Elle a multiplié les gestes d'ouverture envers le leader centriste, arrivé troisième du premier tour avec, 18,6 % des voix. François Bayrou n'a pas donné de consigne de vote, laissant entendre, toutefois, qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a estimé, vendredi, que l'organisation d'un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou relevait ‘de la pleine responsabilité’ de la chaîne Bfm Tv, du moment que cette dernière accordait une compensation en temps de parole au profit de Nicolas Sarkozy. Cette compensation ‘n'implique pas nécessairement l'organisation d'un autre débat’, a précisé le Csa dans un communiqué. ‘Les propos que Mme Ségolène Royal tiendra dans ce débat seront naturellement pris en compte dans son temps de parole et devront être compensés au profit de M. Nicolas Sarkozy et de ses soutiens’, a souligné le Csa.
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