Mauritanie : Quand l’absentéisme fait loi à l’Assemblée nationale Il n'y a pas qu'au Sénégal où les parlementaires sèchent les sessions. A l'Assemblée nationale mauritanienne, c'est aussi les olympiades de l'absentéisme. Dernière illustration en date : l'adoption de la loi des finances rectificative du budget 2007 où seule une trentaine de députés sur les quatre vingt quinze ont répondu présent . Ceci, au grand dam de l'opinion publique locale qui commence à s'interroger sérieusement sur la situation de ces élus bénéficiant pourtant de nombreux privilèges.
Sans risque de se tromper, on pourrait dire que l'Assemblée nationale mauritanienne n'est plus cette caisse de résonance que le peuple avait connue lors des législatures antérieures. Ainsi, avec les élections législatives précédentes dont la transparence et la maturité ont été unanimement saluées, à la fois par les observateurs et par les acteurs politiques, la nouvelle chambre reste marquée par une nouvelle configuration où toutes les forces politiques disposent désormais d'une réelle assise populaire. Du menuisier à l’étudiant, en passant par le mécanicien, le policier, le cadre de l'administration, tout le monde note que les nouveaux députés ne sont plus ces ‘béni oui oui’ qui applaudissaient à tout va, votent les lois, les yeux fermés et par acclamation, ignorant même parfois la portée des textes qu’ils adoptent à presque 100 pour cent et parfois même en ignorant la teneur des textes de loi qu'ils adoptent. Pendant les séances-marathon, certains députés, au-delà de leur appartenance politique, ne cessaient de donner du fil à retordre à certains ministres du gouvernement venus défendre certaines lois, avec même parfois des critiques assez courageuses. Malheureusement, cette dynamique de certains élus n'aura pas duré longtemps car il s'est émoussé au fil des jours. Au point que, durant certaines séances, les cadreurs de la télévision nationale ne cessaient de faire toutes les acrobaties imaginables pour ne pas filmer une salle à moitié vide dans laquelle beaucoup de députés ne cessaient de bailler à longueur de journée.
Cependant, là où l'absentéisme de ces honorables députés s'est surtout fait sentir, c'est lors de l'adoption de la loi des finances rectificative du budget 2007. En effet, pendant cette séance, 30 députés sur les 95 étaient présents. Ce qui pousse beaucoup de leurs concitoyens à se demander pourquoi leurs représentants attachent si peu d'intérêt à la gestion du pays. Surtout que ces mêmes députés avaient exigé la révision à la hausse de leurs salaires mensuels à 600 mille ougouyas chaque mois.
Abou KANE
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