Investi président des Usa : Ce qui attend Barack Obama à la Maison Blanche Jamais dans l’histoire américaine, un président n’a concentré autant d’attentes. Elu 44e président des Etats-Unis, depuis le 4 novembre 2008, Barack Obama qui prend officiellement ses fonctions ce mardi 20 janvier 2009, est contraint de donner au plus vite des signaux d’espoir à son peuple. Une mission difficile à laquelle s’ajoute l’urgence de redorer l’image de son pays à travers le monde.
Même l’arrivée de Roosevelt, dont la mission était délicate après la Seconde Guerre mondiale, n’avait suscité un tel engouement. Bravant la fraîcheur avec des températures en dessous de zéro, le peuple américain est sorti en masse pour accompagner son nouveau président à la Maison Blanche. Un parcours historique que devra effectuer ce mardi 20 janvier 2009 Barack Obama, franchissant pour la première fois le portail de la Maison Blanche dans ses habits de 44e président des Etats-Unis d’Amérique. Même si, pour des raisons de sécurité, il est obligé de se passer de la marche traditionnelle vers la Maison Blanche pour s’engouffrer dans une Cadillac noire blindée dernier cri.
Mais sous peu, l’euphorie des grands jours va céder la place aux grandes responsabilités qui incombent aux chefs d’Etat américains. D’abord, Barack Obama fera face aux 10 millions de chômeurs américains que la crise économique a fini de réduire à la pauvreté. Car, jusqu’ici, sa promesse de décharger 95 % de la population des classes moyennes de l’impôt, ne devrait pas permettre de relancer les consommations dans les ménages. Un casse-tête auquel il sera confronté, si l’on sait que 67 % de la population américaine le perçoivent comme un ‘messie’, un homme providentiel qui, par une simple baguette magique, est capable de faire virer au vert les compteurs boursiers de Wall Street. ‘C’est dans les difficultés que l’on perçoit mieux la capacité du peuple américain à se surpasser’, rappelait-il hier, dans le cadre des festivités de son investiture, comme pour avertir combien sont difficiles les dossiers qui l’attendent sur le bureau ovale.
Une mission difficile à laquelle s’ajoute l’urgence de déployer une véritable diplomatie de rupture au niveau international. Et succéder à Georges Bush dans ce domaine n’est jamais une chose aisée. D’abord, la crise au Proche-Orient avec un conflit meurtrier qui vient d’être estompé par un cessez-le-feu très fragile. A ce niveau, l’administration Obama a la lourde charge de poursuivre les recommandations d’Annapolis du 27 novembre 2007 avec comme principal objectif la création d’un Etat palestinien. Mais, sur ce plan, sa priorité, c’est l’Afghanistan, une poudrière qui devra concentrer tous les efforts de lutte contre le terrorisme avec, à la clef, la capture d’Ossama Ben Laden.
L’autre patate chaude laissée par son prédécesseur, c’est la crise des missiles avec la Russie rappelant la période de la guerre froide avec le président John F. Kennedy. En effet, dans le cadre de sa nouvelle politique spatiale déclenchée en octobre 2006, Bush avait installé un dispositif militaire et nucléaire en Pologne, en Tchécoslovaquie et dans les Etats Baltes, violant ainsi les accords internationaux. Une action perçue comme une provocation par la Russie qui, en 2009, va renforcer son axe anti-américain autour du Vénézuéla et du Cuba. Une situation que devra désamorcer la nouvelle équipe d’Obama pour éviter la naissance d’autres blocs de puissance à travers le monde.Une machine diplomatique qui sera pilotée par Hillary Clinton qui, récemment, devant les sénateurs américains, avait décliné les contours de la nouvelle diplomatie américaine. Celle de la rupture et du dialogue qui n’exclura même pas l’Iran et la Corée du Nord.
Abdoul Aziz AGNE
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