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Le conseil de paix de l'Ua définit ses sanctions contre la Mauritanie : La junte parle de ‘document nul et non avenu’
Pour le général Abdel Aziz, ses jours à la tête du ‘Mouvement de rectification’ ne sont pas encore comptés. Et pour cause, la junte a enregistré le soutien de la Communauté des Etats Sahelo-sahariens au moment où le Conseil de paix et sécurité de l’Ua définit ses sanctions dans un communiqué diffusé à l’issue du sommet d’Addis Abeba.

‘Je dirai que seul le peuple mauritanien peut sanctionner le Hce ou le gouvernement’, telle est la réponse du général Ould Abdel Aziz aux nombreux journalistes présents dans l’enceinte de l’Université de Nouakchott au cours d’ ’une visite de prise de contact direct avec la famille universitaire’.

Bravant le Conseil de paix et sécurité (Cps) de l’Union africaine, le président du Hce déclarera à la presse que ‘c’est un conseil de quinze membres seulement et ce n’est pas la majorité des pays africains’. Selon lui, ceux, qui ont œuvré à la prise de cette décision, sont des Etats qui ne connaissent pas la réalité de ce qui se passe en Mauritanie. ‘Ils ne connaissent ni les tenants et les aboutissants du Mouvement de rectification en cours dans notre pays ni la volonté d’ancrage de la démocratie menée par le Haut conseil d’Etat. Cela est d’autant plus vrai qu’ils réfléchissent encore à ces sanctions qui visent les membres du Hce pour geler leurs comptes à l’étranger’, soutient le général Abdel Aziz. ‘Mais, ajoute-t-il, je leur précise qu’ils n’ont pas de comptes bancaires ni en Afrique ni en Europe. Les membres du Hce ne se soucient pas de ces sanctions car, ils sont prêts à se sacrifier pour leur pays. Et le peuple mauritanien ne souffrira pas de ces sanctions, l’affaire n’étant pas plus qu’un communiqué rendu public.’

Pour rassurer ses sympathisants sur le contenu du communiqué du Cps, considéré comme ‘nul et non avenu’, le général Abdel Aziz ajoute : ’J’indiquerai ici à ceux qui s’intéressent aux communiqués venus de l’extérieur que la Communauté des Etats Sahelo-sahariens (Cen-Sad), constituée de 28 Etats, a publié aujourd’hui un communiqué soutenant ce qui se passe en Mauritanie. La Communauté appelle à l’organisation d’élections présidentielles et que certains de ses chefs d’Etats n’ont pas connaissance de ce communiqué du Cps de l’Ua’. ‘Ce document, précise-t-il, a été publié après le départ de la plupart des présidents et Premiers ministres qui étaient à Addis-Abeba et qui comprennent ce qui se passe en Mauritanie’. Cette déclaration pourrait des remous du côté du Cps eu égard à la détermination de ces dirigeants à vouloir en finir avec le dossier mauritanien qualifié d’’encombrant’.

Sur un autre registre, le général Ould Abdel Aziz déclare au sujet de la modification de la Constitution annoncée par le gouvernement ‘que nul, fut-il le président ou le Premier ministre, n’a le droit de changer la Constitution. Tout comme aucun parti ou leader de parti politique n’a le droit de refuser la modification de la Constitution car, cela relève de la volonté du peuple mauritanien qui seul peut en décider au cours d’un référendum ; ou encore le Parlement s’il se réunit dans ses deux chambres…’. Un referendum contesté par le leader du Rfd, Ahmed Daddah, qui a manifesté son ‘opposition à toute modification de la Constitution dans les circonstances d’exception actuelles, marquées par les profondes divisions politiques que connaît la scène nationale’.

Au sujet des relations avec Israël et de la non application de la décision de gel de ces relations politiques et économiques, le président pointe un doigt accusateur à l’opposition, en l’occurrence le Tawassoul, d’avoir encouragé ces relations du temps du président Abdallahi.‘Les forces politiques, qui cherchent aujourd’hui à minimiser cette décision de gel, sont celles-là mêmes qui avaient encouragé ces relations. Si on revient à la période d’avant le 6 août, nous constaterons que l’ambassadeur d’Israël avait été accrédité par le président déchu dont les soutiens réclament à présent la rupture de ces relations. C’est le parti Tawassoul et les autres formations politiques soutenant le président déchu qui ont œuvré à asseoir ces relations avec Israël.’, fait-il remarquer.

Selon lui, rien ne lie le Hce à l’Etat sioniste. ‘Après le 6 août, le Hce n’a pas travaillé avec Israël. Et je n’ai pas reçu de lettres d’accréditation du nouvel ambassadeur d’Israël’, précise le général Abdel Aziz. ‘De même, ajoute notre interlocuteur, suite à la guerre sur Gaza, nous avons rappelé notre ambassadeur et gelé toutes les relations. Et ceci, à notre sens, en tant que direction et gouvernement, signifie que rien ne nous lie à Israël pour le moment’.

Mame Seydou DIOP

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