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Présidentielle ivoirienne : Des incertitudes planent sur la tenue du scrutin
La tension monte en Côte d’Ivoire, à quelques jours de la fin de la période de révision du contentieux électoral, prévue pour le 14 février prochain. Des centaines d’électeurs radiés, à tort ou à raison, du fichier électoral par le camp présidentiel, ont affronté la police dans plusieurs villes du pays. Ces violences risquent ainsi de conduire à un nouveau report du scrutin présidentiel.

Après moult reports, des incertitudes planent toujours sur la tenue, cette année, de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Des centaines d’électeurs radiés, à tort ou à raison, du fichier électoral, ont manifesté, un peu partout, à travers le pays pour réclamer justice. Ces manifestations organisées, pour l’essentiel, par des militants de l’opposition notamment ceux du Rassemblement des républicains (Rdr) de l’ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, ont tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

C’est le cas dans les villes de Katiola, Man et Divo, situées au centre du pays où des violents heurts se sont produits, ces derniers jours, entre manifestants et forces de sécurité. Ces dernières ont tiré des balles réelles, en l’air, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. La plupart des blessés ont été acheminés vendredi à Abidjan pour subir des soins médicaux.

Ces électeurs accusent le Front populaire ivoirien (Fpi) du président Laurent Gbagbo, de vouloir les radier des listes électorales, pour pouvoir organiser la fraude. Le comité de vigilance du Fpi avait, en effet, envoyé récemment des équipes de juristes à l’intérieur du pays pour suivre les opérations de vérification des listes d’électeurs. Il accuse la Commission électorale indépendante (Cei) d’avoir inscrit frauduleusement de nombreux électeurs étrangers et réclame leur radiation. Ces radiations et tentatives de radiations des militants de l’opposition sont perçues par le Rpr, comme un prétexte fallacieux, inventé de toutes pièces, par le camp présidentiel, pour organiser la chasse aux patronymes originaire du nord, fief de l’opposition.

Pour mettre un terme ces violences, le Premier ministre, Guillaume Soro, a annoncé en milieu de semaine dernière la fin de la période de vérification du contentieux électoral, pour le 14 février prochain. Cette décision est toutefois loin de faire l’unanimité au regard des réactions hostiles qu’elle a suscitées dans le pays. Une dizaine de commissaires de la Cei viennent, en effet, de jeter l’éponge pour protester contre cette démarche qui vise, selon eux, à priver des électeurs potentiels de leur droit civique. C’est dire que la Commission électorale indépendante est, tout simplement, menacée aujourd’hui de paralysie. Or, un éventuel blocage du processus électoral va conduire inéluctablement à un nouveau report de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

Mamadou Aliou DIALLO

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