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Montée des tensions au Liban : Les dirigeants syrien et saoudien jouent les pompiers
Le président syrien, Bachar Al-Assad, et le roi Abdallah d'Arabie Saoudite se sont rendus vendredi à Beyrouth pour s'entretenir avec des membres du gouvernement et du Hezbollah. Les discussions ont porté sur les moyens d'éviter l'embrasement du pays suite aux rumeurs faisant état d'une probable inculpation des membres du Hezbollah par le Tribunal spécial pour le Liban dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en février 2005.

La tension est montée d'un cran à Beyrouth après la mise en cause par le Tribunal spécial pour le Liban (Tspl) des membres du mouvement chiite libanais Hezbollah dans l'assassinat, le 14 février 2005, de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a toujours nié l'implication de son mouvement dans cet attentat, a déclaré qu'il ne livrera pas un membre de sa communauté au Tribunal. Malgré tout, le Tspl persiste dans sa volonté de juger les présumés coupables qui se trouveraient, selon les enquêteurs, dans les rangs de la milice islamique. Le procureur du Tribunal ne semble guère convaincu par ces dénégations qui tendent à disculper le Hezbollah.

Hassan Nasrallah a dénoncé récemment la démarche des juges du Tspl qu'il qualifie d'instrument au service d'Israël. Il soupçonne, en effet, les membres dudit Tribunal de vouloir profiter de cette enquête pour discréditer son mouvement. Le chef du Hezbollah, qui est considéré au Liban comme l'ennemi juré de l'Etat hébreux, a lancé une sévère mise en garde au Tspl contre toute enquête qui viserait les membres de la communauté chiite. Cette déclaration est perçue par nombre d'observateurs comme une menace pour la paix et la stabilité du Liban dont l'histoire récente est émaillée par des guerres fratricides, au cours des ces quarante dernières années. Ils estiment que l'inculpation des membres de la milice islamique pourrait raviver les tensions intercommunautaires et conduire de nouveau, le pays dans la guerre civile.

Ce que dément formellement Fatima Issaoui, membre du Tspl pour qui la lutte contre l'impunité est un impératif pour le Liban. Elle a déclaré cette semaine que malgré cette levée de boucliers des responsables du Hezbollah, les inculpations auront bel et bien lieu au moment venu, selon Reuters. ‘Bien que nous espérions certainement ne pas en arriver à ce point, l'absence d'un accusé n'empêcherait pas le tribunal de s'en tenir à la procédure et d'examiner les preuves contre ceux qui sont susceptibles d'être inculpés’, a-t-elle déclaré. Cela veut dire que le procès aura bien lieu ; même si le Hezbollah refusera la comparution de certains de ses membres qui sont visés par le procureur du Tribunal.

Cette polémique entre le mouvement chiite et le Tspl risque d'attiser les tensions entre les différentes communautés et mettre en péril la paix et la sécurité au Moyen-Orient. La Syrie et l'Iran, qui entretiennent d'excellentes relations avec le Hezbollah, ne cachent pas aujourd'hui leur inquiétude devant la tournure qu'est en train de prendre cette affaire. Le président syrien Bachar Al-Assad et le roi Abdallah d'Arabie saoudite se sont rendus, hier vendredi, à Beyrouth pour rencontrer les responsables des différentes communautés afin de désamorcer la tension, selon Reuters. L'Arabie Saoudite veut inciter la Syrie qui a une certaine influence sur le leader du Hezbollah pour lui demander de ne pas attiser le feu qui pourrait accroître les risques de confrontation interconfessionnelle.

FAUX TEMOIGNAGES, ECOUTES TELEPHONIQUES, ETC. : Le Hezbollah dénonce le manque de neutralité du Tribunal

Les premiers éléments d'enquête de l'Onu avaient mis en cause les services secrets syriens et libanais dans l'attentat qui avait coûté la vie à Rafic Hariri. Malgré les dénégations des autorités syriennes de toute implication dans cet attentat, les Etats-unis, la France et l'Arabie Saoudite avaient exercé de fortes pressions sur Damas pour l'obliger à retirer ses troupes du Liban après près de trois décennies de présence.

Le gouvernement d'unité nationale dirigé par le fils de l'ancien chef du gouvernement libanais, Saad Hariri, risque de voler en éclats si jamais le procureur du Tspl mettait à exécution son projet contre des membres du mouvement chiite. Hassan Nasrallah, qui soutient en théorie l'action du Tribunal, a exclu cependant tout compromis sur la question. Il refuse de livrer ses ministres à la justice qui serait infiltrée par les services secrets israéliens, le Mossade.

Le chef du Hezbollah dénonce, par ailleurs, le manque de neutralité des membres du Tspl qui auraient utilisé de faux témoignages pour constituer les dossiers d'accusation et le recours aux écoutes téléphoniques des personnes arrêtées pour espionnage en faveur de l'Etat hébreux.

Mamadou Aliou DIALLO

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