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Pour ses dérapages verbaux répétés : Le limogeage de Bécaye Diop réclamé par les femmes de Bennoo
Parce que les dérapages fréquents de Bécaye Diop ne rassurent guère en ce qu’ils sapent l'unité et la cohésion nationale et mettent, par conséquent, le pays en danger, les femmes de Bennoo Siggil Senegaal réclament son départ du gouvernement.

‘A défaut de démissionner après avoir recouvré ses esprits, Bécaye Diop aurait dû être démissionné par tout président respectueux des Sénégalais’, estiment les femmes de Bennoo Siggil Senegaal qui réagissaient au nouveau dérapage du ministre de l'Intérieur à Touba. Les femmes de ce cadre unitaire qui faisaient, hier, face à la presse ne comprennent pas cette nouvelle sortie fracassante de Bécaye Diop ‘alors que la clameur de ses déclarations loufoques ne s’était pas encore dissipée’. Un discours ‘irresponsable, aux antipodes des valeurs républicaines et dont même les mourides ne veulent pas’, souligne la responsable des femmes de la Ligue démocratique (Ld), Khoudia Mbaye qui a porté la parole de ses camarades.

Pour les opposantes, Bécaye Diop et Abdoulaye Wade ont le droit d'avoir leur sensibilité religieuse, confrérique, mais ont un devoir de responsabilité et d'équilibre en parlant au nom de la République. Aussi sont-ils censés être à équidistance de toutes les confréries et toute position partisane dès lors qu'ils sont amenés à s'exprimer au nom de tous les Sénégalais. C'est parce qu'ils ont manqué à ce devoir que ‘nous nous inquiétons légitimement de ce qu'ils pourraient dire demain à Tivaouane, Diamalaye, Popenguine ou ailleurs’, fait savoir Khoudia Mbaye, la ‘jallarbiste’. Et comme pour mieux fonder leur inquiétude, les femmes de l'opposition rappellent les menaces, il y a quelques semaines, du même ministre à l'endroit des élèves grévistes de Sédhiou. ‘Il y a quelques jours, réagissant à un mouvement d’humeur de lycéens de Sédhiou, le ministre de l’Intérieur convoquait des considérations spécifiques qui l’auraient empêché d’ordonner à ses troupes d’ouvrir le feu sur ces enfants…’, se souvient encore Hélène Tine de l'Alliance des forces de progrès (Afp).

Pour le progressiste, le ministre de l'Intérieur qui menace de faire tirer sur nos enfants ‘est peut-être fou’. Mais d’une ‘folie secrétée, nourrie et entretenue par les errements et les desseins machiavéliques d’un président et de son régime aveuglés par leur schéma de succession monarchique’. Et les femmes de Bennoo Siggil Senegaal d'en déduire avec indignation que si le même scénario s’était déroulé à Thiès, Saint-Louis ou tout autre lieu avec lequel Bécaye Diop n’a pas de relations ‘sentimentales ou politiques, il aurait fait tuer nos enfants sans état d’âme’. Pire, ajoute Marième Badiane de l'Alliance pour la République (Apr), ‘il n’hésiterait pas à le faire sur des syndicalistes, marcheurs ou sur toute autre cible qui lui apparaîtrait comme perturbatrice de leur ordre établi’.

La sortie de Bécaye Diop à Touba que les opposantes qualifient de ‘nouveau dérapage du ministre de l'Intérieur’ est, à leurs yeux, plus grave que les déclarations du ministre sur l’interdiction de la diffusion des résultats du vote avant les ‘tripatouillages prémédités’. C'est pourquoi, estime leur porte-parole, Khoudia Mbaye, ‘elle mérite réflexion et riposte parce que personne n’a pas le droit de faire comme si de rien n’était’. Selon les femmes de cette coalition, c'est parce que le pays est en danger avec des gouvernants comme Bécaye Diop qui sapent, tous les jours, par leurs déclarations et actes, l'unité et la cohésion nationale, que ‘nous exigeons qu'il démissionne’.

... Et promettent de s'organiser pour faire face au pillage

Un ordre nouveau est établi par Abdoulaye Wade et son régime, celui du ‘pillage frénétique’ des ressources industrielles (Ics, Sonacos, Sar), du saccage des filières agricoles et touristiques. Ce nouvel ordre, c’est aussi, poursuit Khoudia Mbaye, ‘celui des centres de santé et hôpitaux mouroirs, des maternités quasi inexistantes et sous-équipées, des écoles sans cours, des diplômés sans emploi, du chômage endémique ainsi que des crimes sans criminels’. Ce pillage est, selon les femmes de Bennoo Siggil Senegaal qui font allusion à l'audit de l'Armp, l'œuvre de ‘pauvres d’hier qui se sont endormis le 19 mars 2000 pour se réveiller riches à milliards, à force de nous vendre des couteaux et cuillères à 40 mille la pièce, des kilomètres d’ancien bitume à 7 milliards et des monuments à plusieurs dizaines de milliards’. Mais la bande à Hélène Tine n'entend pas se laisser faire. Elle invite ses membres à s'organiser pour faire face. ‘Nous appelons toutes les femmes de nos différentes organisations et toutes celles qui voudront nous rejoindre, à s’organiser dans les quartiers des villes, dans les villages et sur les lieux de travail pour protéger ce qui reste de nos acquis et faire face’, déclare la présidente des femmes de la Ligue démocratique (Ld).

Yakhya MASSALY

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