Reprise du dialogue politique : Tanor Dieng exclut toute entrée dans un gouvernement
Depuis l’appel au dialogue des chefs religieux et l’émission Diine ak Jamonoo qui a accéléré le processus, des avancées significatives sont notées.Seulement, Tanor Dieng tient à préciser qu’il ne s’agit point de s’entendre pour une entrée au gouvernement.
Le secrétaire général du Parti socialiste était hier dans le département de Thiès, plus précisément dans les localités du Diender et de Fadène. Une tournée qui entre dans le cadre des visites de proximité et d’animation de son parti entreprise depuis quelque temps. Occasion pour lui de d’annoncer les avancées enregistrées dans la perspective du dialogue que le Chef de l’Etat entend instaurer avec l’opposition. En effet, selon Ousmane Tanor Dieng, après le débat qu’il a eu avec directeur de cabinet du président de la République sur Walf Tv, Habib Sy a tenu parole en adressant une correspondance à Bennoo Siggil Senegaal pour confirmer officiellement ses déclarations dans lesquelles il disait que le pouvoir acceptait tous les préalables posés par l’opposition pour aller à ce dialogue. De ces préalables, le responsable national du Parti socialiste citera, la nomination d’une personnalité indépendante pour présider les travaux de réforme du code électoral, l’arbitrage de l’Union européenne pour la vérification du fichier électoral. Mais aussi, qu’en ce concerne le dialogue au sens large, après qu’ils ont indiqué le format et l’ordre du jour du dialogue ainsi que les parties prenantes, le caractère ouvert et inclusif du dialogue, que, sur toutes ces questions, le président donne une réponse favorable. Et, à l’en croire, la lettre du directeur de cabinet de Wade dit que ce dernier est d’accord sur tout. Mieux fera savoir Ousmane Tanor Dieng, la lettre dit que l’Union européenne a donné son accord et que des contacts sont déjà établis entre le ministre de l’Intérieur et l’Union européenne pour l’audit technique, physique et financier du fichier électoral. Le seul point qui reste donc en instance est celui relatif au format. A ce sujet, la lettre précise que le président attend le rapport du facilitateur, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, qui doit rencontrer les différents acteurs aussi bien du pouvoir que de l’opposition.
Aussi le socialiste en chef d’estimer qu’il y a un pas important dans la bonne direction et qu’il ne reste plus que la nomination d’une personnalité indépendante par le président de la République. Car, c’est cette personnalité qui devra convoquer les parties prenantes pour procéder à la révision du code électoral consensuel. ‘ Les choses ont commencé à bouger et nous continuerons à les faire bouger. Car je ne comprends pas qu’on me dise que le dialogue entre le pouvoir et l’opposition est inutile. S’il est inutile, qu’on me dise par quel moyen on va aplanir nos divergences et les contentieux que nous avons. Qu’on me dise quelle est l’autre méthode si nous ne nous concertons pas ’. Et le secrétaire général du Parti socialiste de poursuivre pour estimer que pour qu’il y ait des élections propres et transparentes, il faut un code électoral consensuel et un fichier électoral fiable. Sans cela, Ousmane Tanor Dieng se dit convaincu que les résultats des prochaines élections seront contestés et le Sénégal va encore s’engager dans une interminable guerre de positionnement, de contestation qui va paralyser le pays.
Une autre conviction de Tanor est que si le pouvoir se voit aujourd’hui réduit à recourir aux services d’un facilitateur pour tenir des discussions avec l’opposition, c’est de la faute du président Wade qui, au lieu de se comporter en chef de l’Etat, se conduit comme un chef de parti.
S’agissant de la volonté des socialistes de faire de lui le candidat de l’opposition pour la prochaine présidentielle de 2012, Ousmane Tanor Dieng dira simplement que c’est prématuré de se prononcer sur une telle question. Surtout que nul ne sait ce qui va se passer dans un an. Alors, pourquoi se précipiter pour le choix d’un candidat à une élection prévue dans deux ans ? Toutefois, il fera savoir qu’ils ont un document qui se veut la synthèse de vingt-sept contributions des partis chacun disant quelles sont, pour lui, les perspectives de Bennoo. Ce document devrait ainsi faire l’objet de plusieurs réunions devant leur permettre de s’accorder sur la meilleure formule. ‘Le plus important c’est de se mettre d’accord sur ce que Bennoo va faire une fois au pouvoir. Si ce problème est résolu, peu importe qui sera candidat ou pas’, dira-t-il.
Sidy DIENG
… mais, exclut toute entrée dans un gouvernement
Le Parti socialiste reste toujours dans une logique de dialogue avec le pouvoir. Présent dans la capitale du Nord pour les besoins de la 12e édition du Tournoi international de judo qu'abrite traditionnellement Saint-Louis, le secrétaire général du Ps a donné un quitus à cette question qui anime les débats au Sénégal. Tanor se présente comme ‘un homme de dialogue comme me l'ont enseigné Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf. Mais, je crois qu'il ne faut pas faire un mélange de genres. Il ne s'agit pas de se concerter autour de combinaisons pour entrer dans un gouvernement. C'est exclu. Si on devait entrer au gouvernement, on n’allait pas attendre dix ans pour le faire. Mais, que l'on puisse échanger sur la situation de la nation, sur les sujets d'intérêt commun, c'est ce qui est essentiel’, recadre le secrétaire général du Parti socialiste.
En fait, le leader du Ps se dit fondé à croire ‘qu'il faut un consensus sur deux règles essentielles du jeu électoral. Pour ce faire, nous devons discuter sur le fichier électoral pour savoir qui doit participer à ces élections. Nous devons aussi parler de leur organisation. En somme du code électoral’. Parce que, selon Ousmane Tanor Dieng, ‘aujourd'hui, de quoi il s'agit ? C'est que, comme on le sait, dans l'ensemble des pays africains, ce qui est à la source des tensions, ce sont des élections mal organisées, des élections truquées. Et pour que les élections soient bien organisées, il faut qu'elles soient transparentes, sincères et propres. En 2000, nous y sommes parvenus’, rappelle-t-il.
Par ailleurs, Ousmane Tanor Dieng s'est félicité que le pouvoir en place ait respecté ses engagements pris lors de l'émission Diine Ak Jamono sur Walf Tv. ‘Lorsque j'ai rencontré notre ami, le directeur de cabinet du président (de la République, Ndlr), Habib Sy, lors de l'émission Diine Ak Jamono, il avait pris des engagements. Et il y a un début d'exécution. C'est de nous écrire leur accord sur l'audit du fichier en rapport avec l'Union européenne et l'examen et la réforme du Code électoral’, reconnaît M. Dieng.
Gabriel BARBIER
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