Nouveau centre commercial Dakar :
Une aubaine pour le gouvernement et le secteur privé Le Centre pour le commerce en Afrique de l'Ouest/Dakar travaille à stimuler les exportations, à améliorer les mécanismes commerciaux et à aider les entreprises à tirer profit de l'Agoa.
Une nouvelle opportunité de faire des affaires avec les Etats-Unis s'offre au gouvernement et aux entreprises sénégalaises prêtes à l'exportation. Les chefs d'entreprise qui désirent exporter vers le pays de l'oncle Sam peuvent saisir la nouvelle chance que leur donnent les Américains à travers leur nouveau bureau du Centre pour le commerce en Afrique de l'Ouest de Dakar. Inauguré hier par Lloyd O. Pierson, administrateur adjoint de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (Usaid), en présence du ministre sénégalais du Commerce, Mamadou Diop "Decroix", le centre de Dakar portera assistance aux entreprises prêtes pour l'exportation. Notamment à travers trois domaines principaux que M. Pierson et Robert Jackson, le chargé d'affaires de l'ambassade des Etats-Unis à Dakar, ont étalés face aux journalistes et autres invités à la cérémonie.
Il en est ainsi du Programme d'appui aux exportations. Spécialement consacré aux exportations de poissons et de fruits de mer, ce programme soutiendra aussi le développement d'autres secteurs comme le beurre de karité, l'habillement, les noix de cajou et les produits de l'artisanat. Il sponsorisera aussi des groupes choisis d'entreprises qui, après une formation spécialement élaborée, participeront à des salons professionnels aux Etats-Unis - notamment le salon international de Boston sur les fruits de mer prévu en 2006 - et fournira une assistance technique en certification de qualité, emballage, commercialisation et gestion financière.
Viennent ensuite les services d'appui Agoa ou la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique. Dans ce domaine, le nouveau centre ambitionne d'aider le gouvernement ainsi que le secteur privé à se conformer aux formalités requises pour l'obtention des visas et certifications Agoa. La troisième forme d'assistance que les Américains comptent mettre à la disposition des exportateurs sénégalais consiste à leur faciliter le commerce, en travaillant en collaboration avec les agences gouvernementales régionales à l'élimination des obstacles qui entravent le commerce. Ce qui passera par la réduction de la corruption et des retards dans les transports routiers, l'harmonisation de la disparité des normes sanitaires et phytosanitaires, l'appui à un système régional d'informations douanières et la formation d'officiels ouest-africains à négocier avec l'Organisation mondiale du commerce (Omc).
Toutes ces opportunités évoquées par MM. Pierson et Jackson ont suscité l'enthousiasme chez le ministre sénégalais du Commerce qui n'entend nullement rater cette occasion qui s'offre à lui. "Il ne fait l'ombre d'aucun doute que ce bureau sera mis à profit pour contribuer à augmenter, de manière sensible, la part des exportations des pays ouest-africains vers les Etats-Unis, permettre le renforcement des capacités commerciales, à travers des actions de promotion dans les secteurs public et privé, aider à supprimer les entraves douanières et sanitaires au commerce, fournir des informations sur tous les aspects liés au développement du commerce et favoriser l'investissement direct américain au niveau de la sous-région", a souligné Mamadou Diop "Decroix".
Le ministre du Commerce a, en outre, lancé un cri de cœur en direction de l'Usaid, l'invitant à mettre l'accent, dans le cadre de la formulation du Projet de soutien pour une croissance accélérée et une compétitivité accrue, sur "l'impérieuse nécessité de mettre en œuvre un programme ambitieux de développement des exportations, l'intérêt pour ce programme de prendre en considération l'ensemble de la chaîne de valeur en matière de développement de produits et de marchés, le rôle de l'appropriation tant de sa démarche que de ses outils opérationnels par les bénéficiaires, en vue de la création d'une véritable capacité export, etc". Autant de questions que l'Usaid doit prendre en compte si cette agence américaine veut réellement l'aider à développer l'exportation sénégalaise. "Ce n'est qu'à ce titre que l'Usaid contribuera efficacement au développement et à la promotion des exportations sénégalaises telles que envisagées par le gouvernement", a lancé le ministre du Commerce en direction des hauts responsables de l'Usaid.
Avec l'appui de cette agence américaine, Mamadou Diop "Decroix" cherche à donner un coup de fouet aux échanges commerciaux entre le Sénégal et les Etats-Unis qui, selon lui, restent marqués par la faiblesse des exportations sénégalaises et l'absence de diversification. En 2003-2004, ces exportations se sont chiffrées à environ 2 milliards de francs Cfa et ont porté sur les produits de la mer et les produits artisanaux, selon le ministre. D'où l'ambition du gouvernement de renverser la tendance.
Mais il n'y a pas que le gouvernement du Sénégal qui veut tirer profit de ce nouveau centre. Le secteur privé aussi se montre intéressé par cette nouvelle porte pour le commerce qui s'ouvre à Dakar. S'identifiant au nom du secteur privé, Clarisse Djionne qui a déjà été parrainée en mai 2005 par le centre pour une exposition de ses produits à l'exposition commerciale d'artisanat "Sources" de New York, ambitionne de saisir encore cette opportunité.
Mor Talla Diouk, Directeur général du Trade pointe Sénégal a, quant à lui, mis l'accent sur la formation des opérateurs économiques. "Ce que nous attendons concrètement de ce centre, c'est d'appuyer toutes les grappes qui ont un potentiel réel à l'exportation et qui sont éligibles à l'Agoa. Un tel appui pourrait être multiforme. D'abord, il faut former les opérateurs économiques dans la maîtrise des nouvelles technologies de l'information et de la communication (Ntic) qui constitue un moyen universel de commerce. Il est important que les opérateurs économiques, les managers à l'exportation, les directeurs de marketing puissent être imprégnés de l'utilisation des Ntic dans le cadre de l'extension commerciale", a-t-il suggéré.
Situé dans le quartier des Mamelles, le Centre pour le commerce de Dakar est destiné à promouvoir des améliorations quant à la capacité commerciale de l'Afrique, à stimuler les exportations internationales et à aider les entreprises à tirer profit de l'Agoa, une loi qui accorde des préférences commerciales aux pays qui font des progrès dans le domaine des réformes économiques, juridiques et dans le domaine des Droits de l'homme. Cette dernière ouverture porte le nombre total de centres financés par l'Usaid pour la compétitivité mondiale à quatre, après le Botswana, le Kenya et le Ghana. Avec ce dernier pays, le nouveau centre cherche à aider les économies ouest-africaines à accroître leur part des échanges commerciaux avec le monde.
Ndakhté M. GAYE
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