Olivier CARDUNER (Directeur de l'Usaid) :
"Nos méthodes de contrôle des financements sont efficaces" Depuis 1987, l'Usaid intervient dans les activités de lutte contre le Vih/Sida au Sénégal. Premier donateur, elle a dépensé plus de 25 millions de dollars dans le but d'y maintenir bas le taux de prévalence. Mais, selon son directeur, elle a mis un accent particulier sur le contrôle de ses financements.
L'Usaid injecte des fonds dans la lutte contre le sida au Sénégal. Cependant, il n'est pas insensible à leur utilisation. C'est pourquoi, explique son directeur, l'Usaid dispose de méthodes de gestion très efficaces pour contrôler les financements injectés dans ce domaine. "Nous sommes satisfaits de l'utilisation des financements. L'Usaid utilise une méthode de mise en œuvre qu'on appelle le faire-faire. C'est-à -dire que quand on lance un projet ou un programme, on organise une compétition entre différents organismes qui peuvent être sénégalais ou internationaux ou des fois en partenariat. Et le projet est confié à l'organisme qui a gagné. C'est une méthode de gestion assez efficace qui nous permet d'utiliser au maximum l'expertise sénégalaise", a souligné Olivier Carduner, directeur de l'Usaid à Dakar, que nous avons rencontré en prélude à la journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée ce jeudi.
Depuis 1987, l'Usaid intervient dans les activités de lutte contre le Vih/Sida. Premier donateur, il a dépensé plus de 25 millions de dollars dans le but de maintenir bas le taux de prévalence au Sénégal. Il a renforcé son engagement et fournit aujourd'hui plus de 6 millions de dollars par an pour prévenir l'infection à Vih, fournir des soins et un soutien aux personnes vivant avec le virus et équiper le pays d'un système d'information épidémiologique pour le mettre en avance par rapport à l'épidémie.
L'Usaid intervient dans les activités de prévention du Vih, dans la mise en place de Conseil et dépistage volontaire et de la prévention. "Il est important d'encourager les gens qui ont un doute d'avoir eu contact avec le virus, de se faire dépister", a déclaré M. Carduner qui explique que le travail de l'Usaid porte sur l'augmentation des centres de dépistage et de conseil. Le Sénégal compte onze centres, dont la création des neuf a été financée par l'Usaid. Rien qu'en 2005, près de 10 000 personnes se sont rendues auprès de ces centres de dépistage. L'Usaid intervient également dans les soins et le soutien des personnes vivant avec le Vih et le suivi de l'épidémie et de la transmission mère-enfant.
Selon le dernier rapport conjoint de l'Onusida et de l'Oms, on assiste de plus en plus à une féminisation de l'épidémie. Face à cette situation, l'Usaid préconise une stratégie de protection des femmes, surtout celles qui sont en contact avec les groupes à haut risque. Le taux de prévalence de 20,9 % enregistré chez les prostituées est le signe avant-coureur d'une explosion potentielle de l'épidémie et qui appelle une stratégie ciblant les groupes à haut risque.
Il a été recensé au Sénégal près de 80 000 personnes atteintes du virus au Sénégal, dont les 70 000 ne connaissent pas leur statut sérologique.
Issa NIANG
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