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Insuffisances rénales : Seul 2% des malades sont pris en charge au Sénégal
Le traitement par la dialyse inclut en même temps le traitement d'autres pathologies comme l'anémie, les carences en fer, l'hypertension... Seulement au Sénégal, seuls 2 % des insuffisances rénales sont traitées. Les autres meurent soit par manque de moyens, soit par une absence de prise en charge. Car le Sénégal ne compte que quinze postes de dialyse pour 10 millions d'habitants.

Le Sénégal ne compte que trois spécialistes en néphrologie. Et le Centre hémodialyse de l'hôpital Aristide Le Dantec n'a que quinze postes de dialyse pour toute la population du Sénégal. Ce qui fait qu'on retrouve en moyenne un million de Sénégalais pour un appareil de dialyse. Ces statistiques qui viennent du Centre de néphrologie de l'Hôpital Aristide Le Dantec, donnent déjà du tournis aux malades atteints d'insuffisance rénale, ainsi qu'à leur famille. Au niveau du Sénégal, c'est la seule structure habilitée à traiter la dialyse.

Ces statistiques sont alarmantes comparées à celles d'un pays comme la Tunisie qui a le même nombre d'habitants que le Sénégal. En effet, dans ce pays, on dénombre près de 120 centres de dialyse et plus d'une centaine de néphrologues. Ce qui veut dire que le Sénégal est largement en deçà des dispositions matérielles, logistiques et opérationnelles pour traiter les personnes souffrant d'insuffisance rénale.

‘Il y a un problème réel entre l'offre de soins et la demande en dialyse. Seuls 2 % d'insuffisants rénaux sont pris en charge. Tout le reste meurt’, se désole le Professeur Boucar Diouf, chef du Service néphrologie de l'Hôpital Le Dantec. En Afrique, les statistiques montrent qu'il y a 300 nouveaux malades par million d'habitants par an. Disposant de six postes fonctionnels, le Pr Diouf compte élargir son équipement à quinze postes dialyse d'ici deux mois. Mais le problème dans son établissement reste le consommable de dialyse et l'exiguïté des locaux. A cela s'ajoute le déplacement des malades qui constitue un véritable calvaire si ces derniers quittent les régions pour suivre leur traitement. ‘Nous avons un marabout dialysé qui nous vient de Touba. Un autre nous vient de Thiès. S'il faut qu'ils se déplacent deux fois dans la semaine, c'est très dur pour eux’, explique le Point focal du ministère de la Santé de la néphrologie.

La dialyse est une technique qui permet de remplacer un rein défaillant. Elle vise à nettoyer le taux de déchets contenus dans le sang. ‘Ce qui est grave avec les maladies d'insuffisance rénale, c'est qu'elles ne montrent aucun symptôme au départ, alors que vous êtes en train de détruire vos organes à l'intérieur’. Le Professeur Abdou Niang, néphrologue au Centre d'Hémodialyse, explique aux représentantes de l'Association des femmes du Groupe Bolloré, venue remettre un don de médicaments au Centre, le type de maladies mises en cause. Prenant exemple sur une dame malade dialysée, il met en exergue les complications qui peuvent subvenir de la maladie. ‘Si le malade est vu très tôt, le traitement peut ne pas être assez compliqué. Par contre, si l'état de la maladie ne peut plus permettre aux reins d'évacuer les déchets contenus dans le sang, on sera obligé de procéder à une évacuation du sang par ses déchets’, souligne-t-il. Ce procédé se fait de trois manières différentes : soit par épuration extrarénale, soit par greffe d'un autre rein ou bien l'individu est obligé de recourir au traitement à la dialyse.

Seulement, ce traitement est à la fois coûteux et pénible. Coûteux parce que les médicaments reviennent très cher, pénible car le malade est obligé de passer deux fois par semaine pour la dialyse. Selon les explications du Pr Abdou Niang, le procédé consiste à faire passer le sang du malade dans un tube qui fait la dialyse. En une minute, 250 millilitres de sang peuvent être traités. Ce tube est joint à un appareil qui assure la sécurité et contrôle le niveau d'évacuation des déchets. Le traitement à la dialyse ne se limite pas à ce niveau. ‘Le sang dès qu'il sort des vaines, se coagule et il faut trouver une substance capable de l'empêcher de coaguler’, explique le Pr Niang. Cette substance est appelée héparine.

Quand on traite la dialyse, on traite également d'autres maladies comme l'anémie et les carences en fer. ‘Sans les reins, on est tout le temps anémié. Sans les reins, on n'a pas du calcium pour solidifier les os’, explique le Pr Abdou Niang qui parle d'un traitement à plusieurs variables. Autant de pathologies, dit-il, qui entrent en ligne de compte dans le traitement d'un dialysé. Il faut traiter les problèmes de carence de calcium, d'hypertension et d'anémie. Mais au Sénégal, on ne fait pas encore de greffe rénale.

Issa NIANG

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