Projet bioénergie :
Une alternative au pétrole comme source d’énergie
(Correspondance) - Le projet bioénergie porté par Enda tiers-monde au Sénégal pour la zone Afrique de l’ouest et Ara au Cameroun pour la zone Afrique centrale a posé, avant-hier à Thiès, le troisième jalon vers la mise en place d’entreprises de production de bioénergie en Afrique. Après les rencontres de Mbour et de Saint-Louis pour lever les barrières administratives par une sensibilisation des décideurs politiques sur les tenants et aboutissants dudit projet et informer les patrons d’entreprises de production d’électricité comme la Senelec, les promoteurs du projet bioénergie viennent de lancer une session de formation sur ‘La gestion du cycle de projets’. Une session qui réunit, depuis lundi dernier et pour une durée d’un mois, au centre forestier de Thiès, vingt stagiaires dont dix Sénégalais, neuf Camerounais et un Béninois pour en faire des développeurs de projets. Ces stagiaires sont des techniciens et experts financiers dont il faut simplement renforcer les compétences pour accompagner les entrepreneurs en bioénergie tout le long du processus. Leur mission sera, au démarrage des projets, d’accompagner les entrepreneurs du début à la fin du processus, de faire des analyses financières et économiques de taille pour leurs entreprises respectives, de construire un business-plan au sein de ces entreprises, de mener les négociations avec les entreprises de production d’énergie déjà existantes comme la Senelec.
Le projet bioénergie est un programme financé par la commission européenne en partenariat avec Coopener (Coopération et énergie) ainsi que la région Vallone de Belgique. Il ambitionne de remplacer petit à petit l’utilisation du pétrole dans la production d’énergie. Une façon, selon Romain Crehay du département génie rural Chaussée de Namur en Belgique qui assure la formation des accompagnateurs d’entreprises, de lutter plus efficacement contre la pollution et le réchauffement climatique. En effet, le projet entend, dans sa politique de génération d’énergie, se détourner du pétrole pour se focaliser sur les résidus forestiers et agricoles comme les balles de riz dans la vallée du fleuve au Sénégal et les débris de bois dans les scieries en Afrique centrale.
S’agissant de l’approvisionnement, Secou Sarr, coordonnateur de programmes Energie, Environnement et Développement à Enda Tiers-monde, se veut rassurant. Selon lui, la disponibilité de la matière première ne fait aucun doute. Aussi pour lui, l’utilisation de ces résidus agricoles et forestiers pour la génération d’énergie sera de nature à sauver la biomasse d’une exploitation abusive. En effet, précise-t-il, la biomasse occupe une place dominante dans la production énergétique dans les pays africains. Elle représente 90 % de la source d’énergie consommée au niveau des ménages. Et estime-t-il, outre l’impact positif réel qu’elle peut avoir sur les changements climatiques, la bioénergie peut représenter pour les pays africains une opportunité non négligeable, surtout avec son entrée dans la petite et moyenne entreprise. Non seulement, elle participe à la lutte contre la pollution en se détournant de la production énergétique à base de pétrole, mais aussi à la préservation de l’environnement pour freiner l’exploitation abusive de la biomasse.
Sidy DIENG
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