Double déséquilibre dans le système éducatif :
Le gouvernement convié à une bonne gestion des 40 % du budget national Allouer plus de 40 % du budget national à l’Education, ce n’est pas mal pour un pays comme le Sénégal, mais encore faudrait-il, selon l’Alliance démocratique des enseignants du Sénégal (Ades), que le gouvernement fasse preuve de bonne gestion de cet argent pour parer au double déséquilibre du système éducatif sénégalais qu’elle a fini de diagnostiquer.
Le système éducatif sénégalais tel que géré par le gouvernement n’enchante point l’Alliance démocratique des enseignants du Sénégal (Ades) que dirige Ibra Diouf ‘Niokhobaye’. Pour ce syndicat qui était en assemblée générale samedi dernier au lycée technique et industriel Maurice Delafosse, ‘40 % du budget national doit avoir des répercussions positives ici et maintenant dans le système éducatif de notre pays’. Mais, font constater M. Diouf et ses camarades, il existe un double déséquilibre dans ce système. Le premier, notent-ils, réside entre l’enseignement général et l’enseignement technique et la formation professionnelle. A ce sujet, rappellent les syndicalistes, l’actuel président de la République, en 1992, avait déjà élaboré un système éducatif dit ‘africain’ qu’il avait lui-même défendu devant les recteurs d’université d’Afrique de l’Ouest à l’université Gaston Berger de Saint-Louis. D’où la déception du syndicaliste, et non moins responsable au Pds, Ibra Diouf ‘Niokhobaye’ de n’avoir pas encore vu un début d’application de ces idées de Wade sur le système éducatif actuel. ‘Cela me paraît fondamental après dix ans de gestion libérale’, croit-il savoir.
Le second déséquilibre du système éducatif sénégalais diagnostiqué par ce syndicat est entre les filières scientifiques et les filières littéraires. A ce niveau, M. Diouf dit constater deux phénomènes sur le terrain. ‘Les élèves désertent les filières scientifiques pour aller vers les filières littéraires. Il y a également qu’on assiste à une pénurie d’enseignants en science, en mathématique et peut-être même dans d’autres disciplines’, déniche le syndicaliste. ‘Comment comprendre que dans un lycée, sur 17 classes de Terminale, il y ait seulement deux classes de série ‘S’ ? Comment comprendre que dans un lycée au Sénégal, sur 11 classes de Terminale, on ne voit également qu’une seule classe de série ‘S’ ?’, s’interroge M. Diouf.
Pour toutes ces raisons, le secrétaire général de l’Ades invite les autorités à se retrouver, avec les syndicats, autour d’une table, pour trouver des pistes de solutions à ces problèmes Cela est d’autant plus urgent à ses yeux que le développement n’est rien d’autre que le transfert de la science vers le marché. ‘Il faut des hommes et des femmes de qualité pour transformer les produits dont dispose notre pays pour aller vers la conquête des marchés compétitifs’, plaide-t-il.
PROTOCOLE D’ACCORD DU 23 SEPTEMBRE 2009 :
Un seul point sur quatre a donné satisfaction
Depuis le 9 janvier dernier, l’Alliance démocratique des enseignements du Sénégal (Ades) fait le tour du Sénégal. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée samedi dernier à Dakar, après Pikine, Guédiawaye, Rufisque, Nioro, Kaolack, Saint-Louis, Thiès et les Parcelles assainies. Pour les camarades d’Ibra Diouf ‘Niokhobaye’ qui se sont penchés sur le protocole d’accord du 23 septembre 2009, il n'y a qu’un seul point qui a donné satisfaction à l’heure actuelle, et qui est relatif à l’indemnité accordée aux enseignants du préscolaire et de l’élémentaire estimée à 25 000 F Cfa. Or, revendiquent les enseignants de l’Ades, l’Etat doit aller vers la mise en œuvre intégrale des accords signés. A les en croire, sur les questions statutaires et sociales qui intègrent les parcelles viabilisées, les questions pédagogiques à incidence financière, c’est-à-dire, l’indemnité liée à l’évaluation des examens et autres, les questions pédagogiques avec la formation diplômante, le gouvernement s’entête à ne pas les respecter. ‘Il y a des échéanciers que nous considérons comme dépassés pour notre agenda’, martèle M. Diouf qui demande par conséquent au gouvernement d’accélérer la cadence dans la mise en œuvre de l’application de ces accords qui peuvent stabiliser le système éducatif deux à trois ans plus tard. Une requête sur fond de menace d’une éventuelle paralysie du système éducatif sénégalais.
ATTRIBUTION DE PARCELLES AUX COOPERATIVES D’HABITAT :
Ibra Diouf Niokhobaye parle d’un flou gouvernemental
Le gouvernement peine à trouver la bonne solution s’agissant des coopératives d’habitat des syndicats. L’avis est d’Ibra Diouf ‘Niokhobaye’ pour qui tout est flou dans la démarche de l’Etat. ‘La programmation de ces parcelles était pour trois ans (2003, 2004 et 2005). Chaque année, il devait y avoir un quota de parcelles attribué aux coopératives d’habitat des syndicats comme l’Ades. Mais, depuis 2003, l’Ades n’a pas reçu un agenda qui lui montre qu’à Ziguinchor, Kaolack, Louga, Saint-Louis, Richard Toll ou à Thiès, elle a un site à tel endroit’, dénonce le syndicaliste. M. Diouf affirme, cependant, qu’il n’y a qu’à Dakar où il y a un début de solution. Au bout de trois ans, dans chaque localité où avaient été trouvées des zones d’aménagement, les coopératives d’habitat des syndicats devaient disposer de 500 parcelles chacune. Sauf à Dakar où le quota devait être 1 100 parcelles par coopérative. Mais, selon M. Diouf, ‘jusqu’à présent, il y a des difficultés à ce que nous disposons de l’acte administratif juridique qui nous permet de donner le feu vert à nos camarades afin qu’ils puissent démarrer les constructions’. A l’en croire, le gouvernement avait convoqué, lors de la dernière évaluation, la cherté du coût des aménagements et des problèmes de trésorerie. ‘Ce que nous demandons, c’est que quand le gouvernement a des problèmes d’appliquer des accords que nous avons signés, qu’il appelle les partenaires autour d’une table pour discuter de l’essentiel. Le cas échéant, cela ressemble à du mépris envers ses partenaires. Et ce n’est pas la bonne solution’, conclut le Sg de l’Ades.
Abdoulaye SIDY
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