• Groupe Walf Fadjri
 • Service Abonné
 • Radio Walf
 • Newsletter
  Visiteurs connectés   1   -
 Recherche | Archives
  Actualites [ Audition de Latif Coulibaly par un jury populaire : Les avocats de Thierno Ousmane Sy dénoncent une offense à la magistrature     -       ]
  Poster une Contribution   |   Contactez-nous
 Actualités
 Politique
 Economie
 Société
 Culture
 International
 Sports
 Contributions
 
Services
  > Publicité
  > Revendeur
  > Mailing liste
Entretien
Dossiers
Forum
Média Voce
Analyses
  + Rubrique Sports
Momar Mbaye (Président de la Fsa) : «Ndiss Kaba Badji est notre chance de médaille olympique»
Le président de la Fédération sénégalaise d’athlétisme (Fsa) a à cœur le développement de cette discipline. Momar Mbaye a l’ambition de faire en sorte que l’athlétisme redevienne au Sénégal, un grand sport pour promouvoir les potentialités. Dans un entretien qu’il nous a accordé samedi dernier, il revient sur la principale décision prise par l’Assemblée générale de la Fédération à Thiès, notamment la restitution du fonds de relance par l’Etat, avant de passer en revue les difficultés de l’athlétisme.

Wal Fadjri : Pourquoi la Fédération continue-t-elle de réclamer à l'Etat la restitution du fonds de relance ?

Momar Mbaye : Au vu de l'exigence même du sport de haut niveau, si on n'a pas de moyens, cela va être difficile d'atteindre les objectifs fixés. C'est non seulement une demande de la Fédération, mais aussi de tous les membres de l'Assemblée générale. Ils se sont plaints de n’avoir pas trouver de financement à un certain nombre d'activités, faute de la mise en place du fonds de relance. C'est ce qui est en train de se faire avec cette concertation que le ministère des Sports a initiée avec le Comité national olympique et sportif sénégalais. Nous avons travaillé avec eux pour dégager des lignes de prise en charge d'un certain nombre d'activités au niveau du plan de relance. Si cela se fait, les résultats vont suivre.

Wal Fadjri : Quand cette restitution du fonds sera-t-elle effective ?

Momar Mbaye : On est dans une bonne dynamique. Je fais moi-même partie du comité de réflexion. On peut se permettre d'espérer. Parce que le Comité national olympique, le ministère et le mouvement associatif se sont mis autour d'une table pour régler ce problème. C'est important parce que cela ne se passait pas ainsi auparavant. On souhaite que cela continue dans ce sens.

Wal Fadjri : Pourquoi la Ligue de Dakar est-elle la seule à avoir démarré les compétitions cette saison ?

Momar Mbaye : Les autres ligues ont aussi démarré. Pas plus qu’hier (l’entretien s’est déroulé samedi dernier, Ndlr), la Ligue de Kaolack m’a appelé pour me dire qu’ils avaient débuté les compétitions. C’était pour me faire part d’un problème auquel ils étaient confrontés. J’ai reçu aussi le procès-verbal de Thiès qui est en train d’organiser les compétitions. Même le 2 avril prochain, nous devons nous retrouver à Diourbel pour les besoins des festivités de l’indépendance. Parce que nous voulons organiser la journée du Premier ministre à Diourbel qui doit regrouper l’ensemble des régions. En tout cas, notre souhait est que chaque région soit représentée pour disputer le titre du Premier ministre. On est sur ce projet.

Wal Fadjri : L’athlétisme n’est-il pas laissé en rade au Sénégal, puisqu’il n’y a qu’une dizaine de clubs qui pratiquent la discipline ?

Momar Mbaye : Non, il y en a trente-sept qui pratiquent, mais n’encadrent pas ce qu’il faut en nombre. Ce sont des problèmes à l’interne au niveau des clubs. C’est pourquoi nous cherchons, de notre côté, à renverser la tendance, c’est-à-dire revenir à ce qui se faisait avant.

Wal Fadjri : S’agit-il de retourner à l’école ?

Momar Mbaye : Si le sport scolaire marche, on va prendre les meilleurs à ce niveau afin de les placer dans les clubs. Il faut avouer que les clubs donnent la priorité au football et au basket. Parce que c’est là où ils peuvent aussi avoir des retombées. Il va falloir aussi qu’on applique les textes parce que, la première discipline doit être une obligation au niveau de chaque club pour qu’il y ait de l’encadrement et de la promotion.

Wal Fadjri : Les athlètes dénoncent le manque de prise en charge sur le plan financier et sanitaire dans les clubs. Confirmez-vous cela ?

Momar Mbaye : On l’a constaté. La priorité est souvent donnée au football qui amène des recettes. Il suffit de vendre ou de placer un joueur à l’extérieur pour avoir de quoi fonctionner. Les textes obligent aussi que les clubs soient pluridisciplinaires. Il faut qu’il y ait des sections et obligatoirement une section d’athlétisme. Mais, là aussi nous sommes en train d’attirer l’attention du ministère et du Comité national olympique pour que les gens appliquent ces textes. Les clubs sont des associations privées, même s’ils ont une mission d’éducation et d’animation. Souvent aussi, lorsqu’ils n’ont pas de moyens en conséquence, ils préfèrent mettre là où cela peut rapporter. L’athlétisme est une discipline de base. C’est une discipline éducative et de formation. Maintenant si, c’est dévier à ce niveau, on n’y peut rien.

Wal Fadjri : Après les Jeux olympiques de Pékin et les Mondiaux de Berlin, l’athlétisme sénégalais semble être en perte de vitesse. Comment expliquez-vous ses contreperformances ?

Momar Mbaye : Pourquoi vous dites après Pékin. Nous étions la seule discipline à Pékin à placer un athlète, Ndiss Kaba Badji, en finale. Il a malheureusement raté le podium. Mais, il faut le reconnaître, cela est dû aussi à une mauvaise gestion. Nous tenons compte de tout cela et aujourd’hui, ce même athlète est en direction de Doha pour les Championnats du monde en salle. On souhaite qu’il soit déjà en finale. On est en train de travailler avec le ministère des Sports et le Comité olympique pour le mettre dans les meilleures conditions possibles. Parce qu’il représente aussi un espoir de médaille pour les Jeux olympiques de Londres. Je ne pense pas que depuis Pékin, on est en perte de vitesse. Vous savez, on prépare un athlète de haut niveau sur huit ans. C’est très difficile d’entretenir un athlète pendant huit ans. C’est dur d’accepter de souffrir durant huit ans pour arriver au haut niveau. C’est cela aussi la particularité de l’athlétisme.

C’est vrai que les Amy Mbacké Thiam et les autres sont passés, mais nous sommes en train de propulser aussi d’autres athlètes. L’année dernière, on a participé aux Championnats d’Afrique avec deux athlètes. Ils ont tous les deux été champions d’Afrique juniors. Il s’agit de Sangoné Kandji et Amadou Ndiaye respectivement au niveau du 400 m dames et en Longueur. Il y en a d’autres aussi que nous sommes en train de préparer. D’ici peu, ils pourront prendre la relève.

Wal Fadjri : Après la médaille d’Amadou Dia Bâ, le Sénégal n’a plus eu de médaille olympique. Pourquoi ?

Momar Mbaye : Avant Amadou Dia Bâ, il n’y avait pas, non plus, de médaille olympique. Donc, en cinquante ans, on a réussi une médaille. Vous voyez la difficulté du haut niveau, ce que cela demande aussi comme exigence. Souhaitons que Ndiss Kaba soit sur le podium aux prochains Jeux olympiques de Londres, pourquoi pas sur la plus haute marche du podium. Je pense que s’il y a quelqu’un qui peut décrocher une médaille à Londres, c’est bien Ndiss Kaba.

Wal Fadjri : Quelle est votre feuille de route pour que la discipline redevienne un grand sport au Sénégal ?

Momar Mbaye : On travaille sur une convention entre les ministères en charge des Sports, de l’Education nationale, l’Iaaf et la Fédération. La convention est prête, il suffit de la signer. Néanmoins, on a commencé à dérouler un programme qui concerne cette convention, notamment le Kids athletics, c’est-à-dire le retour du sport à l’école et particulièrement de l’athlétisme. Il s’agit de commencer avec la petite catégorie au niveau des écoles primaires et secondaires, pour arriver au niveau des seniors. En partenariat avec la mairie d’abord de Dakar, nous sommes aussi en train d’étendre ce projet de Kids athletics à l’école à Thiès et Diourbel, pour avoir le maximum d’élèves à pratiquer le sport et particulièrement l’athlétisme dans les établissements.

‘La particularité du meeting international de Dakar cette année est que nous avons pu avoir un professionnel en matière de recherche de moyens. Il s’agit de l’agence Pamodzi.’

Wal Fadjri : Combien d’athlètes y a-t-il au Sénégal ?

Momar Mbaye : On a beaucoup de difficultés à ce niveau. Parce que tous ceux qui font l’athlétisme ne sont pas licenciés. En prenant en compte tous ceux qui participent aux compétitions que nous organisons, il y a au moins près de dix mille pratiquants. Malheureusement, tout le monde n’est pas licencié. Nous nous battons aussi à ce niveau. Ce sont des problèmes de procédures qui posent ces contraintes.

Wal Fadjri : Où en êtes-vous avec les préparatifs du Meeting international de Dakar prévu le 27 avril prochain ?

Momar Mbaye : Ça se dessine très bien. Notre partenaire principal qui est la mairie de Dakar, à travers la personne du maire, s’est engagé à relever le défi de l’organisation avec nous, mais aussi ceux de la participation, de la mobilisation et de la visibilité. Il y a déjà un pas qui a été fait. Il y aura aussi de l’autre côté, l’Etat qui nous appuie toujours. La particularité du Meeting international de Dakar cette année est que nous avons pu avoir un professionnel en matière de recherche de moyens. Il s’agit de l’agence Pamodzi. On a un contrat de partenariat qui, en dehors de l’Etat et des institutions, est en train de chercher des moyens pour l’organisation du meeting. Nous voulons cette année, compte tenu de ce qui s’est passé l’année dernière, que le retour au stade Léopold Sédar Senghor soit une réussite à tout point de vue en termes d’organisation, de mobilisation, de participation et de visibilité.

Wal Fadjri : Combien d’athlètes se sont déjà engagés ?

Momar Mbaye : La Commission technique et la commission des athlètes de la Fédération couplée avec les directeurs des compétitions au niveau de l’Iaaf sont en train de travailler là-dessus. D’ici, le 1er avril prochain, on aura les premiers grands noms des athlètes qui vont venir.

Wal Fadjri : Il y aura donc la présence des grands ténors…

Momar Mbaye : Bien sûr ! On réserve pour le moment des surprises. Mais, si ce qu’on est en train de concocter aboutit, on refusera du monde inch Allah.

Wal Fadjri : Les prochains championnats d’Afrique sont prévus en juillet prochain à Nairobi au Kenya. Quelles peuvent être les chances du Sénégal ?

Momar Mbaye : On mise d’abord sur Ndiss Kaba Badji et sur d’autres athlètes au plan individuel. On mise surtout sur les deux équipes de relais, les 4x400 m hommes et dames qui peuvent aussi nous valoir de grandes satisfactions. Nous sommes en train d’y travailler.

Wal Fadjri : Qu’est-ce qui explique l’état de forme de Ndiss Kaba Badji ?

Momar Mbaye : Il y a toujours une locomotive dans une équipe. Aujourd’hui, il faut reconnaître que la locomotive de l’athlétisme sénégalais, c’est Ndiss Kaba Badji. Hier, c’était Amy Mbacké Thiam, aujourd’hui c’est Ndiss Kaba et demain ça sera un autre.

Wal Fadjri : En tant qu’ancien athlète, Ndiss Kaba a-t-il assez de compétitions pour avoir du rythme avant juillet ?

Momar Mbaye : Pourquoi pas ! Bien qu’il n’ait pas beaucoup de compétitions, nous le préparons pour les Championnats d’Afrique. L’objectif est que Ndiss soit dans l’équipe d’Afrique qui participera aux Championnats du monde, ensuite le préparer en direction de Londres. Tout ce que nous mettons en place comme programme obéit à cela. Nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé avec son encadrement, le Ciad (Centre international de développement d’athlétisme, ndlr) et tout l’environnement qui tourne autour de lui. Tout le monde est conscient que tout ce qui a été fait à Amadou Dia Bâ pour arriver à ce niveau, doit aussi l’être pour Ndiss Kaba Badji. Il a les chances qu’il faut pour être sur le podium à Londres.

Wal Fadjri : Ndiss Kaba n’est-il pas mis dans les meilleures conditions que les autres athlètes ?

Momar Mbaye : Un athlète se prépare dans une longue durée et celui qui arrivera au bout, c’est celui qui est bien géré sur le plan individuel. Le sport individuel a ses exigences, notamment un certain environnement dans lequel il faut évoluer. Il y en a d’autres aussi qui, s’ils ne sont pas bien gérés sur le plan social, n’y arriveraient pas. Si, au fur à mesure, on arrive à prendre en charge certains athlètes comme on est en train de faire avec le ministère, on connaîtra d’autres Amadou Dia Bâ, d’autres Amy Mbacké et d’autres Ndiss Kaba. Le potentiel est là. Que ce soit le ministère, le Comité olympique, la Fédération et les clubs, chacun doit jouer son rôle pour que l’athlète individuellement puisse gravir des échelons et arriver à certain niveau. Mais cela a un prix. Il faut que chaque partie joue sa partition. Si le club ne fait ce qu’il devrait faire, cela va être difficile. Parce qu’il faut qu’on fasse évoluer l’élite jusqu’à un certain niveau pour que l’Etat puisse la prendre en charge.

La vision est claire au niveau de la Fédération. Il revient maintenant aux clubs de remplir leurs charges, et que les ligues aussi organisent régulièrement les compétitions dans les régions. Il faut que la Fédération entretienne l’élite, le Comité olympique avec ses programmes appuie individuellement les athlètes comme il le fait déjà et ensuite que l’Etat soutienne à travers le ministère. Si cet environnement est bien réglé, on pourrait décrocher de futurs champions olympiques qui dorment à Guédiawaye, mais qui ne sont pas encadrés et mis dans les conditions de quitter la base pour aller vers le sommet.

Wal Fadjri : Comment jugez-vous le niveau de compétition des autres athlètes avant les Jeux africains de Nairobi ?

Momar Mbaye : Il faut avouer qu’on est souvent confronté à des difficultés pour participer à des compétitions de haut niveau. En effet, en dehors des compétitions que l’Iaaf ou la Confédération organisent, il va falloir aussi envoyer nos athlètes en Europe où il y a beaucoup de compétitions. Nous sommes obligés d’organiser très tôt le meeting de Dakar alors que les athlètes ne sont pas encore en forme. Quand ils sont en forme, toutes les compétitions se déroulent pratiquement en Europe. Il n’y en a même pas aux Etats-Unis, mais en Europe. Il faut avoir les possibilités d’être à ce moment-là en Europe avec un groupe bien défini.

Wal Fadjri : A part Ndiss Kaba, vous comptez sur quels autres athlètes ? Momar Mbaye : Il y a Kassé Hann sur le 400 mètre haie, la jeune fille Sangoné Kandji, championne d’Afrique juniors, le jeune Amadou Ndiaye qui a été finaliste aux Championnats du monde juniors l’année dernière. Sans compter ceux qui sont derrière au niveau du sprint comme le jeune Mamadou Lamine Niang qui était parti se baser au Qatar et voulait même changer de nationalité. Nous nous sommes battus pour le faire revenir. On est arrivé à lui décrocher une bourse et il est maintenant basé au Centre international d’athlétisme de l’Ile Maurice qui abrite tous les grands sprinteurs africains. Au niveau du 800 m hommes, on a deux jeunes qui sont en Italie actuellement. Il s’agit de Mamadou Guèye et Mor Seck, sans oublier un autre Mamadou Guèye, ici à Dakar, qui fait la Longueur et le Triple saut. Il y a de la matière. Vu le potentiel dont nous disposons, on peut avoir des médaillés aux Championnats du monde et aux Championnats d’Afrique pourvu que tout l’environnement soit réglé.

Wal Fadjri : L’impréparation des athlètes sénégalais diminue-t-elle aussi leurs chances de médailles ?

Momar Mbaye : Nous avons déjà commencé les compétitions. Il appartient aussi aux techniciens de faire leur planification. L’objectif cette année, ce sont bien les Championnats d’Afrique, mais tous les entraîneurs devraient peaufiner leur planification en fonction de cette compétition.

Wal Fadjri : Voulez-vous dire que les techniciens ont une part de responsabilité… ?

Momar Mbaye : (Il coupe) Evidemment ! Ce n’est pas à la Fédération de régler ce genre de situations. On peut, au niveau de la Fédération, s’occuper des volets administration et programme. Mais il appartient individuellement à chaque entraîneur de bien encadrer son athlète en mettant en place un programme bien précis en direction de l’objectif de cette année.

Wal Fadjri : L’Etat et la Fédération organisent-ils des sessions de recyclage et de formation pour les entraîneurs ?

Momar Mbaye : L’Iaaf a mis en place un dispositif de formation et de recyclage pour l’ensemble des techniciens. Vous me direz peut-être que ce sont des problèmes de motivation. Il faut aussi que les techniciens qui sont sur place puissent recevoir une rémunération. C’est peut-être cela qui constitue un blocage. La Fédération n’a pas les moyens de payer les entraîneurs. Il y a beaucoup de techniciens qui sont formés ici et à l’extérieur, et qui préfèrent, après leur formation, aller monnayer leurs compétences dans un autre secteur. Surtout au football où les gens cherchent toujours des préparateurs physiques qui sont formés pour ça. Et les gens décrochent nos entraîneurs pour l’encadrement du football où ils sont payés. Alors que nous, on n’a pas les moyens de les motiver ou de les payer. C’est là où se situe la grande difficulté.

Wal Fadjri : Etes-vous satisfait de la gestion actuelle de la discipline par l'Etat sénégalais ?

Momar Mbaye : L'athlétisme a été toujours considéré comme une discipline d'Etat. Parce qu'il est d'abord un sport de base, ensuite il est la première discipline olympique. C'est encore la discipline qui peut se faire un peu partout même si les infrastructures ne suivent pas à un certain niveau. Si on parle même de plan de relance, de plan de développement qu'on a mis en place, il y a au moins l'athlétisme qui est la première discipline à en bénéficier et ensuite on a adjoint les autres disciplines comme le football, le basket et ceux qui sont venus aussi se greffer autour de ça. L'Etat a donc toujours été présent. Le Meeting international d'athlétisme de Dakar que nous sommes en train de préparer, s'organisait le 4 avril de chaque année et c'est l'Etat qui prenait totalement tout en charge.

Wal Fadjri : L'Etat ne prend-il plus en charge l’organisation du meeting ?

Maintenant, il va falloir aussi évoluer avec le contexte du moment. L'Etat ne peut pas continuer à prendre tout en charge. D'où cette nécessité de s'en sortir avec d'autres moyens.

Wal Fadjri : Quels sont ces moyens ?

Momar Mbaye : Nous nous organisons à faire des événements qui peuvent rapporter quelque chose. Par exemple, si on organise le meeting de Dakar et qu’on s’en sorte au moins avec un résultat positif, cela va nous permettre de prendre aussi en charge un certain nombre d’activités. Et en plus, il y a des subventions qui nous viennent de la part de l’Etat, de la Confédération africaine et de l’Association internationale des fédérations d'athlétisme (Iaaf).

Wal Fadjri : La discipline manque de moyens. Comment arrivez-vous à organiser ces manifestations ?

Momar Mbaye : Nous sommes une discipline qui ne fait pas de recettes au niveau des entrées. On n’est pas encore à ce niveau. Il n’y a que les événements au plan mondial qui drainent un peu de recettes au niveau des entrées. On sollicite aussi les sponsors. Nous nous battons pour mettre en place des événements qui puissent aussi drainer des sponsors qui peuvent nous faire entrer de l'argent. Mais c'est un peu difficile par rapport à ce qu'on a connu ces trois dernières années. Surtout pour le plan de relance dont on ne dispose pas de fonds. Avec la vision de l'actuel ministre des Sports, Mamadou Lamine Keïta, on est en train d'avoir un peu d'espoir pour la prise en compte de nos différentes activités, surtout l'organisation des compétitions au niveau national.

Wal Fadjri : Les autorités soutiennent-elles l’athlétisme ?

Momar Mbaye : Elles nous ont toujours soutenus. Il faut quand même avouer que les deux dernières années, on a connu des difficultés. Mais, ce qui est en train de se faire rectifie ce qui a été fait dans le passé, pour aller dans le bon sens. Aujourd'hui, nous demandons à l'Etat de miser sur l'athlétisme.

Wal Fadjri : Pourquoi ?

Momar Mbaye : Parce que si nous arrivons à organiser des compétitions un peu partout avec le potentiel que nous avons, on peut, avec nos partenaires extérieurs, mettre nos athlètes dans les conditions de performance de haut niveau. A ce niveau, la visibilité et les résultats au plan international pourront suivre. Nous avons une vision claire, nette et précise de ce qu'il faut faire. Le reste, c'est de nous accompagner au niveau des moyens.

Wal Fadjri : Quel bilan faites-vous de la première discipline olympique du pays en cinquante ans d’indépendance ?

Momar Mbaye : Les cinquante ans d'indépendance du Sénégal correspondent aussi aux cinquante ans d'existence de la Fédération sénégalaise d'athlétisme. On peut tirer un bilan positif de l'athlétisme sénégalais. Si l’on en juge les résultats et sur leur valeur, je pense que nous sommes la première discipline. On est devant en termes de résultats et de valeur. Parce que les différents championnats qui sont souvent organisés, que ce soit au niveau continental ou international, ne sont pas les mêmes.

Wal Fadjri : Qu’entendez-vous par ‘en termes de résultats et de valeur’ ?

Momar Mbaye : Aujourd'hui, si nous classons les événements sur le plan d'importance, nous aurons les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football. Mais, les Championnats du monde d'athlétisme viennent en troisième position. C'est le troisième grand événement mondial. Et là, on a bien vu que l'athlétisme a fait des résultats. Il n'y a pas une autre discipline qui a eu à faire des résultats sur le plan de ces trois événements. On a au moins une médaille olympique, des finalistes olympiques, des champions du monde sur les trois événements précités. Nous pouvons dire que nous sommes la première discipline à ce niveau.

Wal Fadjri : Est-ce pareil sur le plan continental ?

Momar Mbaye : Bien sûr. Nous sommes aussi la première discipline en Afrique. Parce que les Championnats d'Afrique d'athlétisme ne sont pas comme les autres championnats qui se déroulent sur le continent. Le nombre de médailles que nous avons gagnées, depuis l'indépendance jusqu'à ce jour, mérite aussi de placer l'athlétisme au premier plan.

Propos recueillis par Donald NDEBEKA

  + L'info en continu






Copyright Sonatel Mutlimedia ©: Sentoo