Mouhamed Ndao Tyson : «Les couronnes ou les titres de champion ne m'intéressent pas»
* Je fais du sport business
Rencontré hier dans la salle de musculation de Radio Dunya Vision, sise aux Hlm, Mouhamed Ndao Tyson est revenu largement sur les préparatifs de son combat contre Yakhya Diop Yékini, prévu le 4 avril prochain. Selon l’enfant de Ndangane que nous avons trouvé en pleine séance, ce n’est pas Yékini en soi qui l’intéresse, mais c’est son retour dans l’arène qu’il veut mettre en valeur.
Wal Fadjri : Dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques semaines de votre combat contre Yakhya Diop Yékini ?
Mouhamed Ndao Tyson : Permettez-moi d'abord de remercier mon guide spirituel Cheikhal Islam El Hadji Ibrahima Niass. Comme vous le voyez, vous m'avez trouvé dans des entraînements durs. Je suis en train de finaliser les choses et je prépare bien ce combat contre Yékini. Maintenant, c'est à vous de transmettre aux amateurs de lutte l'état de forme de Tyson.
Wal Fadjri : Qu'est-ce que ce combat représente pour vous ?
Mouhamed Ndao Tyson : Ce qui m'intéresse le plus, c'est mon retour. Ce n'est pas Yékini en soi qui m'intéresse réellement, mais c'est par rapport au retour de Tyson. Parce que je suis resté pendant trois ans sans lutter. Et j'ai des supporters et des amis qui me demandaient de revenir dans l'arène. Dieu a fait que je suis revenu en paix, c'est pourquoi je me concentre plus sur le retour de Tyson. Que ce soit mon adversaire ou quelqu'un d'autre, nous sommes tous des lutteurs et nous partageons le métier. Mais je veux que le retour de Tyson se passe dans de très bonnes conditions et que ce soit un retour gagnant. Pour que les amateurs et les fans sachent que leur idole est de retour dans l'arène. En tout cas, c'est ma priorité et je prie le bon Dieu de me faciliter la tâche.
Wal Fadjri : Qu'est-ce que vous avez appris durant ses trois ans ?
Mouhamed Ndao Tyson : J'ai appris à respecter le métier des autres. Parce que j'en ai profité pour faire d'autres métiers comme la restauration et la maçonnerie. J'étais apprenti maçon et j'ai eu à travailler dans des chantiers.
Wal Fadjri : Lors d'un face-à-face avec la presse, votre adversaire a dit que le jour du combat si vous ne l'attaquez pas, il viendra vous chercher....
Mouhamed Ndao Tyson : Je ne suis pas bavard. Parce que seul Dieu sait ce qui se passera le jour J. Chacun a ses stratégies, que chacun respecte les siennes.
Wal Fadjri : Quels sont les enseignements que vous avez tirés de votre premier combat contre Yékini ?
Mouhamed Ndao Tyson : J'ai appris à respecter mon adversaire. La défaite, c'est la défaite et c'est la loi du sport.
Wal Fadjri : Pourquoi êtes-vous parti vous préparer aux Etats-Unis ?
Mouhamed Ndao Tyson : C'est dans le cadre des entraînements et surtout pour prendre du recul. Parce qu'il est difficile de travailler ici. L'environnement n'est pas favorable pour récupérer. C'est pourquoi j'étais parti aux Etats-Unis.
Wal Fadjri : Avant de partir aux Etats-Unis, vous aviez dit être revenu dans l'arène pour relever un challenge. Que voulez-vous dire par là ?
Mouhamed Ndao Tyson : J'avais dit que ce combat est un challenge personnel. Parce que le fait d'être resté pendant trois ans sans compétition demande une motivation, une abnégation et beaucoup de courage pour revenir en force. Ce n'était pas du tout facile, mais personnellement, je m'étais fixé ce challenge. Pour montrer qu'on peut rester pendant trois ans et revenir dans des conditions optimales pour préparer un combat.
Wal Fadjri : Rester trois ans sans lutter, cela ne vous pose-t-il pas problème ?
Mouhamed Ndao Tyson : Tous les grands champions ont connu un break durant leur carrière. Et cela est un point de plus en marketing. En un moment donné, il faut faire une pause pour évaluer les choses. Chacun a son destin, mais je suis dans cette logique. Il m'est facile de retrouver ma forme après trois ans, parce que je suis jeune. J'ai toujours veillé à cela, comme je suis revenu tranquillement, je vais essayer de veiller sur cela.
‘Je suis venu dans l'arène pour travailler. Les couronnes ou les titres de champion ne m'intéressent pas parce que je fais du sport business’
Wal Fadjri : Pourquoi n'avez-vous pas choisi la nouvelle génération pour marquer votre retour ?
Mouhamed Ndao Tyson : Nous sommes des banlieusards, nous y avons passé toute notre jeunesse. C'est pourquoi nous n'aimons pas la facilité. La facilité ne rime pas avec notre vocabulaire. Avec l'aide de Dieu, je suis parti de rien pour arriver à un certain niveau. Je me suis toujours engagé dans des défis. Maintenant, l'homme propose, Dieu dispose. Comme j'ai l'habitude de le dire, je n'avais pas demandé à être dehors, mais on m'avait mis dehors. Donc en revenant au sein de l'arène, je ne peux que reprendre ma place.
Wal Fadjri : Quelle place revendiquez-vous ?
Mouhamed Ndao Tyson : La cour des grands seulement, dans le cercle vicieux si je peux m'exprimer ainsi. Oui ! C'est là ma place. Je l'ai toujours dit et je le dis encore une fois, je suis venu dans l'arène pour travailler. Les couronnes ou les titres de champion ne m'intéressent pas parce que je fais du sport business. J'ai signé un contrat avec un prometteur et je vais le respecter. Mon adversaire est un professionnel et il n'y a aucun lutteur qui croit qu'il peut marcher facilement sur tout le monde. Nous sommes tous des Diambars et chacun travaille pour la victoire finale. Je ne connais pas de demi-mesure et je veux que ce combat contre Yékini soit une réussite totale pour le sport sénégalais. Notre mission, c'est de porter la lutte au plus haut sommet. Il faudra faire de sorte que la révolution continue. Ce n'est pas important de dire que tel a terrassé tel, mais d'apporter un plus que tout le monde reconnaîtra.
Wal Fadjri : Vous avez tantôt dit que vous faites du sport business. Cela veut-il dire que vous n'accordez pas d'importance à ce combat ?
Mouhamed Ndao Tyson : En matière de business, on est coriace ! Il n'y a pas de sentiment dans le business, je suis là pour gagner. Quand je dis sport business, je fais allusion au professionnalisme. Cela demande du courage, parce que plus tu gagnes, plus ta valeur marchande augmente. Pour preuve, un lutteur qui perçoit 20 millions et qui tombe, sera obligé de revoir sa copie. C'est pourquoi j'ai de l'ambition aujourd'hui.
Wal Fadjri : Comment voyez-vous l’ascension fulgurante de la nouvelle génération...
Mouhamed Ndao Tyson : (Il coupe) Ça a toujours été mon rêve. Parce qu'en 2000, quand je disais que mes combats sont des montages financiers, beaucoup disaient que ce garçon est prétentieux. En ce moment, personne ne pensait qu'un lutteur pouvait encaisser 100 millions pour un seul combat. Donc l'histoire nous a donné raison. Ce qui est important, c'est que tout le monde s'en sorte. D'ailleurs, je suis en train de discuter avec les prometteurs pour qu'on puisse s'asseoir autour d'une table et revoir les choses. Pour moi, c'est injuste de monter des combats de moins de 500 mille. J'en ai parlé à Gaston, mais honnêtement, les cachets doivent débuter à 500 mille francs Cfa. Cela demande une organisation. Comme je l'ai tantôt dit, il va falloir qu'on se réunisse pour en parler. Gérer c'est prévoir, c'est pourquoi, il faut anticiper certaines questions.
Wal Fadjri : Parmi la nouvelle génération (Modou Lô, Eumeu Sène, Balla Gaye...) qui a le profil pour devenir roi des arènes ?
Mouhamed Ndao Tyson : Il ne faut pas se focaliser sur le titre de roi des arènes. A la génération ‘Boul Falé’, ce n'est pas important. Parce que c'est un titre qui ne peut pas payer de facture d'électricité... Ce qui est important, c'est d'inculquer un savoir à la nouvelle génération. Parce qu'il y a eu des gens qui ont été trompés à l'époque. C'est pourquoi il faut insister pour que ces jeunes soient disciplinés et accomplissent leur travail normalement. Il faut les pousser à avoir les pieds sur terre. Maintenant, ils ont l’habitude d’apporter des gris-gris que les grands lutteurs n'osent pas amener.
Wal Fadjri : A quand la retraite de Tyson ?
Mouhamed Ndao Tyson : Pour l'instant, je ne sais pas. C'est une question difficile à répondre.
Propos recueillis par
Papa Bakary KAMARA
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